Localité d'Ouled Salem Manque d’eau potable, absence de gaz naturel, routes délabrées… – Le SOS des villageois !

Les villageois d’Ouled Salem, relevant de la commune de Kadiria, à une quarantaine de kilomètres à l’ouest du chef-lieu de la wilaya de Bouira, font face à des conditions de vie extrêmes. En effet, ce bourg, situé à la limite administrative entre la commune de Kadiria et Maâla, prêché à plus de 700 mètres d’altitude, est pour ainsi dire, coupé du monde. Les citoyens croisés sur les lieux ne savent plus à quel responsable s’adresser afin de mettre un terme à la détérioration qui affecte leur patelin. Ce hameau, de près de 4 000 âmes, est laissé à l’abandon depuis plusieurs années. Ce qui provoque, chez la population, un sentiment de marginalisation et d’exaspération. Les villageois demandent leur raccordement au réseau d’AEP, au gaz naturel, ainsi que l’aménagement des routes dont la majorité est dans un état de délabrement avancé.  » Depuis plus de quarante ans, notre village n’a bénéficié d’aucun plan d’aménagement. Nous sommes isolés et nous manquons de tout! », soulignent certains villageois. Concernant l’épineux problème du raccordement au réseau d’AEP, bon nombre de quidams ont noté le fait que plusieurs demandes ont été adressées auprès des services concernés, dans l’hypothétique espoir d’un raccordement, mais en vain. « On est encore et toujours réduit à nous approvisionner en eau à partir d’une source située à une dizaine de kilomètres en contrebas », dira un habitant de ladite localité. Un autre assurera que lui et ses enfants continuent à s’approvisionner en eau à dos d’âne, traversant des chemins escarpés et infestés de sangliers et de bestioles. Karim, agent de poste, travaillant dans la localité voisine de Kerfala, dira : «Les autorités de la wilaya s’étaient pourtant engagées à accélérer les travaux de raccordement en eau potable, via le barrage de Koudiet Acerdoune, sis dans la commune voisine de Maâla.  » On nous a promis, depuis 2009, que notre localité allait être raccordée aux eaux du barrage. Quatre ans plus tard, on est toujours obligés de parcourir des kilomètres, jerricanes à bout de bras. C’est un inadmissible », vociféra-t-il. Quant au gaz naturel, ces villageois se disent désespérés de le voir arriver dans leurs foyers. « Même les bonbonnes de gaz butane nous font défaut. Nous faisons carrément recours au bois pour nos besoins en cuisine et en chauffage’’, notera Issam, père de famille. Et d’ajouter: « On appréhende, dès maintenant, l’arrivée de la saison hivernale. Lors de l’hiver 2011, nous avons vécu un véritable enfer ! Nous étions sans aucune défense devant le froid et la neige. Une misère indescriptible! ». Interrogé sur d’éventuelles initiatives de l’APC pour régler ne serait-ce que la pénurie du butane, notre interlocuteur dira : » Notre maire a fait de son mieux pour nous assurer un approvisionnement décent, mais il a été très vite débordé par les événements. Les rares bonbonnes qui nous sont parvenues se sont carrément arrachées à prix d’or. Nous nous sommes donc résignés à nous chauffer avec du bois que nous ramassions dans la forêt. Et on a l’impression que cette saison sera semblable à celles qui l’ont précédée. On survit grâce à la volonté du Seigneur ». Ces témoignages traduisent le désarroi et la peine des villageois d’Ouled Salem. Ces derniers affirment qu’ils ont frappé à toutes les portes, pour mettre fin à ce calvaire qui n’a que trop duré mais aucune suite n’a été donnée à leurs doléances. Pour rappel, au mois de mars dernier, une délégation, composée d’une centaine de villageois, a tenu un sit-in devant le siège de la wilaya, afin d’exprimer leur colère et réclamer un semblant d’aménagement pour leur hameau.  » On exige une route digne de ce nom et non une piste qui reste impraticable à la moindre chute de pluie », dira un villageois. Cette route, faut-il le préciser, se trouve dans un état lamentable, sur plus de 7 kilomètres. Et c’est le moins que l’on puisse dire. En effet, les crevasses et les nids de poules y sont légions. D’ailleurs, bon nombre d’accidents sont survenus au niveau de cette route particulièrement sinueuse. Selon l’imam de cette localité les citoyens, notamment les jeunes font preuve de beaucoup de sagesse pour ne pas sombrer dans les divers fléaux sociaux.  » A notre niveau, on fait un travail de sensibilisation. Car, la misère est la source de toutes les dérives », dit-il. Avant de lancer un appel aux autorités locales : » Vous savez, la population ne demande que vivre dans la dignité. Les pouvoirs publics doivent prêter une oreille attentive aux doléances des villageois. Réhabiliter une route, effectuer un branchement d’eau et de gaz, ne relève pas du miracle »

R. B.