Si chaque année, ce n’est qu’à partir du début d’octobre qu’on voit les premiers tracteurs sillonner les champs de la vallée, pour cette année, ils y sont déjà à pied d’oeuvre. La campagne labours-semailles est lancée très tôt. La cause, les pluies automnales tombées au bon moment. « Si on attend le début d’octobre, on risque d’être pris au piège. Quand la terre est boueuse, les tracteurs ne pourront pas y entrer. Lorsque tout est labouré les semailles ne seront pas difficiles », nous confie un céréaliculteur de Draâ Sachem. En effet, ils sont nombreux les fellahs qui profitent de ces moments du beau temps. Au jour d’aujourd’hui, la moitié des terres retenues pour cette culture sont déjà labourées. Les agriculteurs s’affairent à s’approvisionner en céréales. » Ce n’est plus comme avant. Maintenant, les céréales d’intensification existent. Nous avons une part du blé qu’on dépose à la CCLS », a ajouté la même personne. Tout comme chaque année, la vallée allant de Ain Zaouïa jusqu’à l’extrême sud de la wilaya de Tizi-Ouzou, Tamdikt dans la commune de M’Kira, en passant pat Draâ El-Mizan et Frikat, pas moins de quatre mille hectares sont réservés à cette filière. Pour la saison écoulée, la région a été classée, encore une fois, parmi les trois premières localités productrices de céréales toutes espèces confondues. Le rendement à l’hectare a été jugé satisfaisant par les services agricoles des deux subdivisions (Draâ El-Mizan et Tizi-Gheniff). De nombreux agriculteurs optent pour cette filière en raison des facilités qui leur sont données par l’Etat à l’exemple du crédit sans intérêt. Si la céréaliculture occupe une place prépondérante dans l’agriculture, sa consœur la culture maraîchère ne l’est pas moins. Les maraîchers, dont la majorité a subi des pertes considérables suites aux pluies diluviennes d’août dernier, n’ont pas baissé les bras. Ils viennent déjà de lancer les plantations de pomme de terre. « Je n’ai pas tiré de gros sous de la pastèque, mais je ne peux pas rater tout de même la saison prochaine. Généralement, la pomme de terre réussit bien dans cette région. C’est vrai que la semence coûte cher, mais il faut quand même travailler ses terres. On ne devient pas riche en une saison », nous dira un agriculteur de Draâ El-Mizan. En définitive, les fellahs souhaitent une saison plus prolifique d’autant plus que leurs investissements dans toutes ces filières sont conséquents.
Amar Ouramdane
