La RN30, qui relie la wilaya de Bouira à celle de Tizi-Ouzou, franchie un itinéraire des plus accidentés avec de nombreux tronçons extrêmement dangereux, à l’instar de celui reliant M’Chedallah au col de Tizi N’Kouilal. Cette route traverse, en plein milieu, de hautes falaises et de vertigineux précipices qui dépassent les 300m de profondeur par endroit. La chaussée, rétrécie, ne permet que le passage de deux véhicules à la fois, notamment en haute montagne à partir du village Imesdhourar jusqu’au col de Tizi N’Kouilal où l’on relève un tronçon d’environs un kilomètre au niveau du tunnel qui constitue un effroyable piège, notamment à la sortie nord de ce dernier où se sont produits, entre 2010 et 2013, pas moins de trois accidents qui ont engendré 03 morts et 02 blessés graves. Quant aux dégâts matériels, il y a lieu de souligner que les trois véhicules légers qui ont chuté dans le vide pour finir leur course au fond de l’effroyable ravin n’ont jamais été récupérés et forment un tas de tôles froissées au même endroit. Rappelons que le dernier accident en date est celui survenu en ce début du mois de septembre au cours duquel deux personnes qui s’y trouvaient à bord du même véhicule ont rendu l’âme. Lors des travaux de modernisation, des glissières ont été aménagées en cet endroit. Malheureusement l’ouvrage n’a pas résisté longtemps aux affres climatiques. Une importante chute de neige, en 2010, a réussi à faire glisser ces glissières vers le bas. Les éléments qui les composent ont disparu quelques mois après. Depuis, rien n’a été fait pour mettre un terme au danger qui guette les automobilistes. Les éléments de la Protection civile relèveront un détail : tous les véhicules qui ont dérapé en ces lieux venaient du col en direction de Saharidj. D’ailleurs les 03 véhicules sont immatriculés dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Abordé à ce propos, le responsable local de la STP affirmera, pour sa part, qu’il a informé sa tutelle vu que la prise en charge de ce tronçon nécessite la mobilisation d’un matériel spécial pour la confection et l’installation de glissières en béton armé. Notons, enfin, pour conclure, que tous les responsables locaux des institutions étatiques concernées par la sécurité routière, telles que la gendarmerie, la Protection civile et les travaux publics, ont souligné dans leurs rapports d’enquête et constat, l’urgence de la prise en charge de ce point noir qui continue à faucher des vies humaines en plus d’occasionner de considérables dégâts matériels aux particuliers.
Oulaid Soualah
