Les locataires du vieux bâti de la ville de Bouira, appelé communément haouchs, réclament encore et toujours leur recasement dans des logements décents.
Ainsi, ces citoyens qui vivent dans des conditions plus que misérables, entourés d’égouts, de rats et autres bestioles, exigent des autorités la pré-affectation de leurs logements, situés à la sortie ouest du chef-lieu de wilaya. En effet, depuis jeudi dernier, les différents haouchs de la ville ont été «décorés» de banderoles où on peut lire, notamment : «On en assez des fausses promesses, on veut nos logements !», «Délivrez-nous vite de notre misère !», ou encore «50 ans barakat !». Certains locataires rencontrés, hier matin, nous ont fait savoir que les dossiers d’enquêtes les concernant ont été envoyés et avisés par les services habilités et à ce jour, aucune démarche visant à entamer le processus de relogement n’a été enclenchée. «On n’arrive pas à expliquer ces lenteurs. Tout est fin prêt, on est même disposés à payer les tranches exigées. Mais pour l’heure, on est dans l’exécutive», a-t-on indiqué. M. Azzedine Ait Kaci, l’un des membres actifs de la coordination des locataires des haouchs de Bouira, nous a déclaré que leur mouvement se veut «pacifique et règlementaire». «Vous savez, on est des citoyens qui ne réclament que leur droit au logement. Un droit qui est à ma connaissance garanti par la constitution. De ce fait, on a préféré laisser de coté les marches et autres manifestation afin d’entamer un dialogue serein et apaisé avec les autorités», a-t-il tenu à préciser. Par la suite, notre interlocuteur souligne le fait que lui et ses camarades sont prêts à s’acquitter de leur dû,; pour peu que les pouvoirs publics daignent, selon lui, à entamer le processus de livraison des actes de propriétés. «Cela fait près de 09 mois qu’on attend ! Nos logements sont quasiment achevés et conformément aux directives de M. Sellal, à partir d’un taux précis d’achèvement des travaux, les souscripteurs peuvent recevoir leurs affectations. Dans notre cas, on constate et on déplore le silence radio des autorités», a-t-il regretté. Il est vrai que le Premier ministre, lors de sa réunion avec les walis, a recommandé à ces derniers de procéder à la pré-affectation des logements achevés à 90%, chose qui, selon M. Ait Kaci, n’a pas été faite au niveau de la wilaya de Bouira. D’autres locataires rencontrés ont fait part de leur «grande impatience», vis-à-vis de ce recasement tant attendu. «Personnellement, la seule raison qui me maintient en vie, ce sont mes enfants ! Sans eux, j’aurais mis fin à mes jours. Vivre dans la précarité la misère et la vétusté ce n’est pas une vie. Même la plus basse des créatures ne voudrait pas de cette vie-là», dira d’un ton ému, Mokrane, un des habitants de haouch de Abane Ramdane, l’un des plus anciens de la ville. Il y’a lieu de rappeler que ces locataires, au nombre de 180, ont par le passé observé plusieurs sit-in devant les sièges de la wilaya et celui de la daïra. Le dernier en date, remonte au mois de juillet dernier, où ces mêmes locataires avaient organisé un sit-in devant le siège de la wilaya, afin d’exiger leur recasement immédiat. D’ailleurs, au mois de juin dernier, les services de l’APC avaient procédé au recasement de 93 familles, issus des divers haouchs de la ville. Cette opération de relogement a été interrompue quelques jours avant le début du mois de carême et devait reprendre après les fêtes de l’Aïd. Cependant, elle n’a jamais repris, pour cause de « blocage», de la part de certains propriétaires récalcitrants.
Ramdane B

