Alors que les responsables locaux du secteur de l’éducation s’empressent de parler d’une rentrée scolaire « satisfaisante », une réalité moins « enthousiasmante » prévaut au sein de plusieurs établissements de la wilaya, au grand dam des enseignants, des élèves et de leurs parents. Des centaines d’élèves et leurs enseignants, aussi bien au niveau du chef-lieu, que dans les autres communes de la wilaya, ont rejoint les salles de classes dans l’inquiétude, préoccupés par des conditions peu accueillantes. C’est le cas, au chef-lieu, du lycée Stambouli, dans le quartier Sidi Ahmed, où les élèves ne cessent, depuis plusieurs années, de décrier les défaillances et qui se retrouvent, cette année encore, confrontés aux mêmes problèmes. L’on y dénonce, entre autres, la surcharge des classes, l’inexistence de laboratoires pour les filières scientifiques, l’insuffisance criante des salles de cours, la vétusté des salles et des sanitaires, sans parler d’autres problèmes d’ordre pédagogique, comme le manque de personnel d’encadrement et la surcharge des programmes. Soutenus par les enseignants, les élèves de ce lycée ne comptent pas reprendre les cours avant une prise en charge « effective des problèmes qui les empêchent de se focaliser sur leur scolarité ». Même son de cloche du côté du technicum d’Iheddaden, où le problème est encore plus grave. Les élèves, soutenus eux aussi par leurs enseignants, ont décidé de geler les cours afin d’interpeller les autorités, pour la énième fois, sur la présence d’amiante dans leur établissement. Un matériau cancérigène, présent en quantités « considérables » dans les salles et les locaux de l’administration de ce lycée. L’on évoque une poussière blanche à l’intérieur des salles et sur les tables, qu’élèves et enseignants inhalent à longueur d’année. Chose qui fait que le lycée peine à sauvegarder son personnel, surtout les enseignants et les encadreurs, soucieux de leur santé. Cette année, l’établissement se retrouve avec la moitié du staff enseignant et l’absence presque totale d’encadreurs. « Après dix ans passées à enseigner dans ce lycée, je ne veux plus continuer à travailler avec ce danger de taille qui pèse sur nous et les élèves », confie avec amertume cet enseignant de technologie. « Délaissé » depuis des années, ce lycée, construit en amiante, est actuellement en état de chantier. Ce n’est que l’année dernière que les travaux de désamiantage et de restauration ont commencé. Mais ce projet accuse un grand retard, étant donné que rien n’a été réalisé durant la période estivale, a-t-on constaté. Les enseignants de ce lycée, contraints, comme les élèves, à des conditions de travail « difficiles », ont d’ores et déjà pensé à une action de protestation pour dénoncer ce retard et ses conséquences sur élèves. A Ighil Ali, une commune « déshéritée », distante d’environ 90 kilomètres du chef-lieu de la wilaya, ce n’est pas le volet pédagogique qui est critiqué. C’est le transport qui fait défaut. Les élèves continuent jusqu’à présent à se rendre à pieds à l’école. L’absence de bus scolaires, moult fois dénoncée par les associations des parents d’élèves, oblige les élèves à marcher sur de longues distances afin des rallier le lycée et le CEM. Ce sont les villages éloignés de ces deux établissements, basés au chef-lieu, à l’image de Takorabt, Tabouaanant, Tiniri ou Aït Dassene, qui souffrent de ce manque en bus scolaires. Les quelques véhicules de la commune peinent à couvrir toutes les régions, a-t-on constaté. Il faut au moins, selon un parent d’élève, deux bus supplémentaires afin de pallier à cette carence qui dure depuis des années au niveau de cette commune. Comme ces établissements, nombreuses sont les écoles, du primaire, du moyen et du secondaire, à travers tout le territoire de la wilaya, à connaître des problèmes identiques, voire plus accentués, auxquels les pouvoirs publics n’apportent pas de solutions.
M. H.Khodja
