Au 44ème jour du débrayage du collectif des travailleurs de l’usine de fabrication de meubles «Leader Meuble» à Taboukert, dans la commune de Tizi Rached, le ton monte chez les grévistes qui réclament, désormais, de la tutelle, un audit sur la gestion de l’entreprise.
Notre but par cette revendication est de « mettre à nu la mauvaise gestion dans laquelle sombre l’usine », d’après les déclarations du M. Achar Djamal, délégué du personnel en grève. « La protestation au niveau de l’usine s’élargit de plus en plus, » selon les déclarations du délégué des travailleurs en grève depuis le 11 août dernier. Leur nombre serait passé à 33 protestataires, indique t-il. M. Achar qui s‘est présenté hier, à la rédaction du journal, réaffirme toute la détermination des travailleurs à aller au bout de leur mouvement. Pour lui, les 44 jours de grève doivent apporter leur fruit. Cette fois-ci, les travailleurs veulent aller encore plus loin dans leurs revendications. Ainsi, en plus de la plate forme de revendication dont ils exigent une prise en charge sérieuse des points soulevés, relatifs aux conditions socio-économiques des travailleurs, les grévistes soulèvent une autre doléance. Il s’agit de la situation « catastrophique », terme utilisé par le représentant du collectif, qui prévaut au niveau de l’usine. Il affirmera que « l’usine de Taboukert est en danger ». Parlant au nom du personnel en grève, il affirme que « la production est en perpétuelle baisse ». Etant également vice-président du comité de participation au sein de l’usine, notre interlocuteur dit savoir bien ce qu’il dit en évoquant le « manque de matière première. Une réalité à laquelle fait actuellement face l’usine ». Une situation qu’il n’hésite, d’ailleurs, pas à incomber à la direction et au partenaire social qu’il accuse de « mettre en danger l’entreprise ». Il souligne avoir alerté la direction générale sur la situation qui prévaut au niveau de Leader Meuble. D’un autre côté les poursuites en justice de l’administration de l’usine à l’égard de 19 travailleurs, qui sont à l’origine du mouvement de protestation, n’ont pas eu raison des travailleurs qui sont sortis vainqueurs, affirme leur représentant. Rappelant qu’ils ont été poursuivis par l’administration pour « un mouvement de grève illégitime et aussi parce que les grévistes qui campent devant l’entrée de l’usine gênent les travailleurs, ce qui n‘est pas le cas », dira M. Achar.
S. M.

