Les 620 travailleurs de la voirie et de la maintenance de la commune de Tizi Ouzou observeront aujourd’hui, une journée de protestation contre le retard dans les versements de salaires qui traîne pour certains depuis 5 mois. Cette journée d’arrêt de travail, décidée par la section syndicale UGTA, risque d’être reconduite, selon les termes des ouvriers, si aucune suite favorable n’est donnée à leur doléance. Ce qui ne manquera pas de replonger la ville des Genets dans la saleté et les ordures entassées.L’origine du blocage des salaires remonte, à en croire les travailleurs, au printemps dernier suite au mouvement de résiliation de plusieurs contrats de travail du personnel de la régie. Plus de 600 agents sont concernés par cette mesure, mise en branle par le wali,qui a prétexté la difficulté dans la gestion des budgets alloués à la commune.Dans ces deux services, maintenance et voirie en l’occurrence, 146 travailleurs continuent d’exercer sans indication statutaire. Leurs contrats étant officiellement résiliés en date du 18/06/2005, ils continuent néanmoins d’exercer sur instruction de mobilisation émanant de l’administration de wilaya. Le hic, c’est que l’administration communale n’a pas daigné renouveler leurs contrats de travail sur instruction même du wali. Celui-ci a adressé également une instruction -télégraphique- au receveur communal pour “arrêter tout paiement de salaire des ouvriers dont les contrats ont été renouvelés” en date du 2/07/2005. Le wali a motivé cette instruction par le fait que «la commune continue de recruter et de puiser les salaires du budget destiné à l’équipement». Ces contrats ont été établis sous forme de décisions d’annulation des résiliations émanant du secrétaire général de la commune.Ces travailleurs soutenus par la section syndicale de l’UGTA, appréhendent fort la suite réservée à leurs revendications. Il faut dire que le problème des salariés contractuels liés à la régie a été très mal géré par les élus précédents, au point où il aura fallu l’intervention du wali, M.Ouadah pour accélérer les procédures et contraindre les élus sortants de procéder à la compression des effectifs.Dés lors, pas moins de 400 ouvriers contractuels ont été mis au chômage. Une situation qui a généré des crises au sein de la mairie ou un mouvement de grève a été enclenché et suivi pendant trois jours.Suivi de démissions dans les rangs des directeurs, des services de la commune, au nombre de six et la dislocation de la section syndicale affiliée à l’UGTA, en raison du mutisme observé par cette dernière. Depuis lors, cette section est devenue moins représentative aux yeux des travailleurs de la commune qui ont procédé à la création d’une section affiliée au SNAPAP. Celle ci a réussi à récupérer dans ses rangs 216 adhérents parmi les 300 que compte le siège de l’hôtel de ville et 74 des 80 employés au parc communal. Les travailleurs ont motivé leur adhésion à ce syndicat, par le souci de porter les revendications ayant trait aux salaires des contractuels dans les prochains jours, devant les administrations locales et les élus. D’ailleurs, une plate-forme de revendication sera finalisée lors d’une «réunion décisive» lundi prochain, soit deux jours seulement après l’installation officielle des nouveaux élus à la tête de la mairie, avons-nous appris auprès du secrétaire de la section SNAPAP. Autant dire que le prochain exécutif communal issu du scrutin partiel dernier doit faire face à un héritage empoisonné.
M.A.T
