S’il y a bien une frange de la société qui souffre de la précarité dans la commune de Seddouk, ce ne peut être que celle des bouchers. Ces derniers sont privés d’un abattoir depuis plus d’une décennie. Pourtant la ville de Seddouk possédait un abattoir, durant la colonisation et qui a existé jusqu’à l’année 2002, date où le service d’hygiène de la wilaya a décidé de le fermer pour insalubrité car situé à proximité d’un cimetière et d’une cité urbaine. En 2002, l’APC de l’époque a décidé de construire un nouvel abattoir à la zone d’activité un projet estimé à environ un milliard de centimes. L’entreprise réalisatrice du projet a, pourtant, réalisé les gros œuvres mais arrive le règlement de la première situation, elle est confrontée au problème de payement ce qui l’a obligé à lever le chantier et à abandonner le projet. 12 ans plus tard, ce projet accuse le retard le plus long des nombreux projets en souffrances que compte la commune de Seddouk. Ce qui est lamentable, la route menant à cet abattoir qui est aussi la porte Est de la fameuse zone d’activité conçue pour résorber le chômage dans la commune de Seddouk, est fermée et souillée par un amas géant d’ordures de tout genre. Quand aux bouchers, ce laisser-aller sur un projet d’une grande utilité publique ne fait qu’accentuer leur misère. Aux problèmes frappant la profession, les bouchers doivent utiliser le système « D ». Ils n’ont d’autres choix que d’aller vers des abattoirs d’autres communes afin d’égorger leurs bêtes, une opération qui leur fait perdre du temps et de l’argent. Mais beaucoup d’entre eux n’ont pas les moyens nécessaires et c’est cela qui fait que la viande estampée, a déserté les étales chez certains bouchers de la ville de Seddouk. « Pour me déplacer vers Sidi Aïch ou Akbou, afin d’égorger un mouton ou un veau, je dois louer un moyen de transport dont les charges viendront greffer le bénéfice dérisoire qui me reviendrait. Je ne sais pas pourquoi on est devenu les oubliés de la commune », a fait savoir un boucher de la ville de Seddouk. Ce manque d’abattoir s’inscrit dans le cadre d’une commune qui n’arrive même pas à garder un édifice existant durant la colonisation. Un abattoir est, pourtant, fait pour permettre aux bouchers d’égorger leurs bêtes dans un endroit propre et au service d’hygiène communal de contrôler et de certifier par l’estampage, que la viande est bonne à la consommation. Du moment que les gros œuvres ont été réalisés, il ne reste, donc, que les travaux de finition à faire pour doter la commune d’un abattoir, ce qui rendra sûrement le sourire aux bouchers. Un abattoir dans la commune s’impose!
L. Beddar.
