À quelques jours de la fête de l’Aïd El Adha, les petites bourses sont impitoyablement confrontées à un véritable casse-tête chinois au regard des prix des bêtes à sacrifier ayant atteint, en l’espace d’un mois, leur paroxysme.
De Sidi Ahmed, aux quatre chemins d’Ighil Ouazoug, jusqu’à Ihadaden, à l’instar d’autres régions de la ville de Yema Gouraya, les différentes artères connaissent un mouvement particulier de ces vendeurs d’ovins parquant leurs troupeaux à chaque coin. D’ailleurs, ces artères sont devenues pour la circonstance, un marché de bestiaux à ciel ouvert où, hormis quelques curieux, il y a plus de vendeurs que d’acheteurs.
Les prix, nous dit-on, sont « excessifs » voire inabordables, à la grande déception des riverains qui ne savent plus où donner de la tête avec un porte-monnaie déjà vidé par la rentrée scolaire.
« C’est une tarification imaginaire accessible qu’au couches aisées », regrette Mohand, la soixantaine, et d’ajouter : « Il est pratiquement impossible de trouver un mouton de moins de 25 000 dinars, au moment où ma retraite est à la limite du SNMG (SMIG) ». Partout, les parents que nous avons croisés soufflent le chaud et le froid dans les différents points de vente, à la recherche du moindre repère pouvant leur permettre d’acquérir une bête à sacrifier par devoir de la religion et, par la même, satisfaire leurs rejetons.
« J’ai sillonné tous les marchés de la périphérie, hélas les prix sont abrupts. Au rythme où vont les choses, je serai dans l’obligation d’aller emprunter une autre somme d’argent ou à défaut, acheter quelques kilos de viande », rétorque un autre jeune père de famille désemparé.
En revanche, pour les émigrés et autres riches de la banlieue, la course pour l’achat du plus gros et cher mouton à cornes, bien évidemment, est légion peu importe le prix ! Pour quelques frivoles qui lâchent délibérément quelques expressions de l’hexagone telles « Et ben oui, ce n’est pas cher du tout en dinar ! Là-bas chez nous, c’est plutôt l’enfer de l’euro !» Le lieu est plus que jamais propice pour exhiber sa suprématie financière et surtout provoquer l’inflation au détriment de ces pauvres malheureux et misérables ouvriers.
ort heureusement, la tendance à célébrer ce sacrifice avec les moyens de bord, est sérieusement connue à sa juste valeur et peu importe les considérations.
Le tabou est cassé !
Rabah Zerrouk
