Un groupe d’habitants du village Masloub, dans la commune de Mekla, à l’Est du chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou ont procédé hier matin, à la fermeture du chemin communal menant aux villages d’Aït Fraoucen.
Ces villageois protestataires exigent l’annulation des contrats d’exploitation des carrières de la région. Des carrières dont ils paralysent d’ailleurs l’activité depuis hier. Les citoyens du village Masloub, à près de 2 kms du chef-lieu de Mekla, ont, tôt dans la matinée d’hier, incendié des pneus et dressé des barricades pour bloquer la route. Dans un premier temps, l’action devait se résumer à la fermeture de la carrière située au lieudit Al Maharoun. Mais par la suite, c’est toute la route menant vers les hauteurs de la commune de Mekla qui a été bloquée. Les citoyens des autres villages de la région d’Aït Fraoucen ont carrément été isolés du reste de la commune. La circulation automobile paralysée, les usagers ont dû emprunter un raccourci depuis Agouni Bouafir vers Taourirt Aden. D’autres ont carrément rebroussé le chemin de wilaya n°150, depuis la commune d’Aït Khlili. Suite à cette action, décrite comme illimitée, par un représentant des contestataires, une seule et unique revendication a été exprimée par les villageois : celle de fermer définitivement la carrière et d’annuler par là même les contrats d’exploitations. Selon le même villageois, « la population de Masloub veut récupérer les biens du village, ses terres que les engins ne cessent d’endommager ». Le représentant a également exprimé « la peur de tous les villageois quant aux retombées de cette exploitation sur leur santé. Notamment avec toute la poussière qu’engendrent ces énormes chantiers situés à proximité de notre village », explique-t-il. D’autre part, la même source nous dira : « l’environnement est également une préoccupation pour nous. Et les activités de cette carrière ne cessent de le détériorer. Il suffit de voir la colline qui est grignotée de toutes parts ». Le mouvement de protestation a très vite pris de l’ampleur et bloqué toute la région. Il s’inscrit désormais dans la durée et les citoyens conditionnent son arrêt par l’intervention du wali et du directeur des mines et de l’industrie local (DMI). D’après le même représentant, « les villageois ont déjà interpellé par écrit, les autorités locales, ainsi que les responsables de la direction des mines et de l’industrie de la wilaya. Malheureusement, aucune suite n’a été donné à notre requête ». Il ajoutera que l’action d’hier a été décidée dans le but « d’interpeller les plus hautes autorités de la wilaya et les responsables concernées ». Il nous apprendra par ailleurs qu’une délégation de la DMI devrait se déplacer, ce matin, sur place, dans le but de trouver un compromis avec les citoyens protestataires. En attendant, l’action est partie pour « durer», explique-t-on, car l’objectif final n’est rien de moins que « la fermeture de ces carrières ». A souligner que les contrats d’exploitation ont été attribués à pas moins de trois exploitants qui activent dans cette carrière.
T. Ch.

