Parce que la Kabylie recouvre une légitimité partielle confirmée par près de 35 % de l’électorat, on s’empresse « d’accompagner » les archs vers, cette fois-ci, la sortie. « Quel est le rôle des délégués, maintenant que les populations sont représentées ? », s’interroge-t-on. Une chose est sûre : les archs étaient déjà là, alors que les communes de Kabylie étaient plus, beaucoup plus, représentées. Autre chose mérite d’être soulignée : contrairement aux assemblées communales, le « rôle » des comités citoyens et autres coordinations ne consiste pas à voter tel ou tel budget à même d’améliorer le quotidien des citoyens. Et puis, ce retour à la légitimité — même s’il n’est pas, estime D. Abdedou, délégué de Bouira, tel que souligné par le protocole d’accord — est du fait des archs. On a beau s’égosiller que le verre est à moitié plein, le nombre d’abstentionnistes enregistré pour un scrutin d’habitude captivant et motivant révèle un verre à 70 % vide. Plaçant le RND en tête, le vote à Bouira a connu un net recul, comparativement aux échéances de cette nature d’avant l’avènement du Mouvement citoyen. En fait, le travail de proximité et de fourmi mené par les partis en lice pendant la campagne électorale, n’a pas dissuadé des masses de citoyens de cesser de bouder l’urne. D. Abdedou, le mandataire de Taghzout et membre de la délégation désignée pour dialoguer avec le chef du Gouvernement invite « au lieu de s’acharner contre les archs, une politique qui se respecte devrait trouver la réponse à la question de savoir pourquoi près de 70 % de Kabyles ont refusé d’élire leurs maires ». Le délégué s’est même interrogé : « contre qui ont voté les abstentionnistes ? »
T. O. A.
