Le syndicat national des corps communs et ouvriers professionnels de l’Education nationale (SNCCOPEN) met en avant la nécessité de l’élaboration, « en urgence », d’un projet de loi relatif à la grève. Cette proposition est motivée, selon le syndicat, par l’anarchie qui caractérise les mouvements de grève déclenchés tout au long de l’année. «Les actions de grève, non justifiées dans la majorité des cas, sont devenues inquiétantes, notamment dans le secteur de l’éducation nationale, la santé et la justice », lit-on dans le communiqué rendu public par le bureau national du SNCCOPEN. Tout en considérant que les actions de protestation sont le seul refuge pour les travailleurs de l’éducation, notamment face à la non-prise en charge de leurs revendications, le syndicat dénonce néanmoins le fait que « certaines organisations syndicales n’en font pas bon usage. Les grèves non justifiées influencent négativement le développement économique du pays », ont noté les rédacteurs de ce communiqué. Dans ce sillage, le syndicat des corps communs et des OP de l’éducation a mis en exergue, également, les répercussions négatives sur le déroulement de l’année scolaire, ce qui empêche l’achèvement des programmes. «Pas moins de 40 grèves nationales ont paralysé l’année scolaire précédente. Le débrayage est devenu le justificatif derrière lequel se cachent tous ceux qui désirent s’offrir une semaine de repos et de farniente. Ce qui dégrade davantage le secteur de l’éducation», ajoute l’organisation syndicale, qui appelle les autorités publiques à mettre en place un projet de loi relatif à la grève, afin de mieux organiser les mouvements de protestation. «Il faut remplir le vide juridique par ce projet qui expliquerait les règles et les conditions du recours au droit à la grève, qui restent, à ce jour, ambiguës, ouvrant la voie à toutes sortes de dépassements », a précisé la même source. Pour ce qui est des revendications socioprofessionnelles des corps communs et des OP, figurent « la mise en œuvre du statut particulier, qui a été promulgué en 2011, l’intégration des corps communs et des OP, selon le décret exécutif 240/12, et l’abrogation de l’article 87 du code du travail ».
Samira Saïdj
