À cause des routes et ruelles non bitumées, les habitants du village El Mizab, dans la commune de Seddouk, sont dans la tourmente. Situé à la lisière d’une pinède qui lui confère un charme inaltérable, El Mizab existe depuis seulement une vingtaine d’années. Les habitants jaloux de l’aspect architectural de leurs maisons, ont construit des villas charpentées avec de la tuile rouge et la plupart sont assorties de murets construits avec de la pierre taillée, délimitant des jardins fleuris. C’est ce qui a fait que ledit bourg ressemble à un village cossu de Provence. Néanmoins, la grande absente reste la municipalité qui ne daigne même pas leur accorder un projet d’aménagement urbain qui prendrait en charge le revêtement en bitume des ruelles intérieures et notamment, de la route d’accès principale qui est au stade d’une piste agricole. En été la poussière règne en maître dans ce village où les habitants y font face aussi à la gadoue en hiver. «Notre village est situé à 500 mètres de la ville de Seddouk et constitue une vraie vitrine à l’entrée sud. Les habitants ont construit dans les normes des villas, haut standing, assorties de jardins et dont la plupart sont équipées de puits. Mais la tache noire demeure les ruelles ravinées, poussiéreuses en été et boueuses en hiver. La route d’entrée qui est une montée devient impraticable à la moindre goutte de pluie. Cela fait des années que nous ne cessons pas de nous rendre chez les responsables des différentes APC qui ont succédées à la tête de la municipalité force est de constater aujourd’hui que nos doléances ne sont jamais prises en compte. Nous souffrons en silence et on ne sait pas à quel saint se vouer pour nous sortir de cette misère noire de routes non-aménagées», s’est époumoné Tahar, un habitant du village qui ne décolère pas. Le village ne cesse de prendre un essor de développement par l’émergence de nouvelles constructions qui sortent de terre comme des champignons. Mais les propriétaires sont confrontés aux problèmes d’extension des réseaux de Gaz naturel, d’électricité d’assainissement et d’alimentation en eau potable. «Cela fait des mois que ma villa est fin prête, mais par manque de commodités afférent à l’absence des réseaux d’assainissement, d’AEP, de gaz et d’électricité je ne peux l’habiter», a souligné un propriétaire d’une maison achevée et non encore habitée. Le village El Mizab est le reflet des autres villages de la commune de Seddouk laissés pour compte, comme l’a souligné un élu de l’opposition. «La commune de Seddouk a bénéficié cette année, de programmes budgétaires conséquents, rentrant dans le cadre des PCD et PSD (budget de wilaya). Mais force est de constater que tout cet argent a été investi en ville au détriment des villages», a expliqué notre interlocuteur.
L. Beddar
