L’arrivée imminente du secrétaire d’Etat américain, Jean Kerry, à Alger pour «avoir notre avis sur les questions internationales», a dit Abdelmalek Sellal depuis Sidi Bel Abbes, n’est sans doute pas étrangère à l’escalade de violence savamment orchestrée et entretenue par le Makhzen qui semble perdre le nord.
En effet, il n’est pas difficile de déduire que ce qui s’est passé au consulat d’Algérie à Casablanca, à savoir la profanation le drapeau national, le jour même de la commémoration du 1er Novembre 1954, ne relève nullement d’un mouvement de foule incontrôlée. Cela, en dépit des excuses officielles, plutôt tardives, du ministre marocain des Affaires étrangères. Les résolutions de la conférence d’Abuja auraient-elles provoqué des inquiétudes au Royaume Chérifien, qui a peut-être senti que le Sahara occidental lui échappait en douce ? L’opportunité du message que le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, avait envoyé en début de la semaine dernière à la Conférence d’Abuja sur le Sahara occidental, rappelant notamment le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, a été saisie au vol par les dirigeants marocains qui auraient mal apprécié les termes qualifiant « d’occupation » la mainmise du Royaume chérifien sur le territoire du Sahara occidental depuis novembre 1975. Un discours vieux de quarante années, rappelons-le. Si les autorités algériennes ont réagi de manière ferme et sereine en appelant à la retenue, le mérite revient, en grande partie, au nouveau ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, qui connaît, assure-t-on, très bien le dossier épineux du Sahara Occidental. Sinon, pourquoi le Maroc, qui n’a pas fait autant de bruit pour se réapproprier les îlots de Sebta et Melila, refuse-t-il la légalité internationale au peuple sahraoui qui subit depuis des années un traitement fait de tortures, d’injustice et de déni ? Aujourd’hui, l’unique solution au conflit est le droit du peuple sahraoui à décider de son destin. Et le Maroc n’a d’autres choix que de s’y conformer, sous peine de se voir contraindre de le faire. Pendant ce temps, la question de la réouverture des frontières est loin d’être à l’ordre du jour et vraisemblablement pour longtemps encore…
Ferhat Zafane

