L’écrivaine, poétesse et interprète Taos Marguerite Amrouche, qui a marqué d’une empreinte indélébile la littérature algérienne d’expression française, aurait eu 100 ans, cette année, si elle était encore de ce monde. Née le 4 Mars 1913, cette grande femme de la littérature a vécu dans la douleur de l’exil, elle et sa famille, et ce « maudit » sort semble la poursuivre encore même décédée! L’oubli semble prendre le dessus sur cette romancière qui a, à son actif, plusieurs romans, recueils de poésie et une discographie riche et variée. Cette grande Dame de la littérature a contribué fortement à la sauvegarde de la culture ancestrale à travers ses chants et poèmes puisés des entrailles du terroir Kabyle, généreusement légués par sa mère Fadhma Aït Mansour. Malheureusement, et en dépit de tout ce qu’elle a donné à la littérature algérienne, elle est « superbement » ignorée. Pour preuve, le centenaire de sa naissance n’a pas été célébré ni dans son village natal à Ighil Ali, ni dans toute autre localité lesquels pouvaient rendre au moins un hommage à Marguerite ! « Nul n’est prophète en son pays », dit le proverbe. Contre toute attente, c’est en France qu’un hommage lui a été rendu, le 19 octobre dernier, au cinéma Bel Air à Mulhouse par l’association de culture Berbère 68, laquelle a organisé une rencontre (seulement !) en présence de la réalisatrice Sadia Barèche, qui a fait un remarquable travail qui a retracé le parcours de Taos Amrouche à travers un documentaire intitulé : « Sur les traces de Taos Amrouche ». Ce dernier retrace les évènements importants de sa vie d’exil, de douleurs et surtout d’incompréhension… Une vie, néanmoins, riche en création. « Solitude ma mère », le titre de ce roman posthume de Taos, édité en 1995, résume l’état dans lequel est confinée l’œuvre de la romancière !
Syphax Y.
