12 milliards de dinars dilapidés par DIGIMEX

Celle-ci est à l’origine en effet de l’affaire frauduleuse dans laquelle est impliquée un nombre important de hauts cadres de la banque Badr. Celle-ci est en instruction judiciaire. C’est ce qu’a indiqué M. Saleh Deradji, Commissaire principal du service central de la répression du banditisme, au cours d’une conférence de presse animée hier à Alger. Ce dernier a mis au clair des détails inhérents à cette affaire de dilapidation, qui a levé, faut-il le souligner, un tollé depuis des mois. L’enquête diligentée depuis 5 mois par le service central de la grande délinquance économique et financière, étant ficelée, a démontré que pas moins de 19 personnes ont été impliquées dans cette affaire frauduleuse, l’agence Badr de Birkhadem. Présentés mercredi dernier au parquet de Bir Mourad Rais, 9 parmi les mis en cause ont été placés sous mandat de dépôt parmi eux trois directeurs de l’agence Badr, quatre sous contrôle judiciaire et six en liberté provisoire. L’animateur de la conférence de presse a précisé que l’ancien P-DG de la banque a été mis sous contrôle judiciaire. Ce dernier, souligne l’orateur, se dit ne pas savoir les tenants de cette affaire. Rentrant dans les détails, M. Deradji a fait savoir que le « dilapidateur » s’est distingué seul dans la manœuvre consistant dans la création de crédit illégalement sans transactions commerciales réelles. Il a ainsi bénéficié de plusieurs autorisations de crédit et d’investissement en dépassant le seuil autorisé par la réglementation sans pour autant se référer à des études de faisabilité, ayant pour effet le non remboursement des engagements à échéance. « Les traites arrivées à échéance étaient remboursées par l’escompte de nouvelles traites et ainsi de suite, permettant à l’occasion au groupe DIGIMEX d’avoir sans cesse des liquidité », dira le Commissaire principal, avant d’ajouter, dans la foulée, que le groupe ayant bénéficié des « traitées de complaisance » s’est présenté avec des registres de commerce de sociétés prête-noms. Les gérants de ces dernières, après leur identification, ont été présentés au parquet. Le volume des préjudices globaux découlant de la fraude ayant entaché l’agence de Birkhadem est de l’ordre de 12 milliards de dinars dont 7 milliards représentant les crédits octroyés sans garantie de remboursement et 5 milliards de DA pour les traites est impayées. « C’est grâce au nouveau PDG de la banque qui a mis un terme aux escomptes des traites que cette affaire a été révélée », dira l’orateur avant enchaîner qu’une enquête a été faite en 2004 sans pour autant déceler, quoi que se soit. Par ailleurs, le commissaire a déclaré, sans donner toutefois plus de précisions, que les résultats d’une affaire similaire à celle du scandale de la banque Badr, seront rendus publics la semaine prochaine. Il a, pour finir, souligné que la brigade des délits spéciaux a récupéré 61 kg de cannabis ces deux derniers jours dans les deux wilayas de Ain Témouchent et Mascara.

Wassila Ould Hamouda