Entre infections et préventions

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L’Etablissement public hospitalier (EPH) de Bouira a organisé, hier, au niveau de l’auditorium de l’Université Akli Mohand Oulhadj, la 4ème rencontre Médico-chirurgicale. Cette journée d’étude est, selon les organisateurs, l’occasion d’un échange pluridisciplinaire entre les differents spécialistes autour de la formation et de l’information médicales.

Avant d’entamer leurs travaux, les participants ont rendu hommage à feu Dr Belahbib Rachid, médecin légiste à l’EPH de Bouira, décédé récemment des suites d’un foudroyant arrêt cardiaque. Ses amis ont unanimement salué la dévotion et le professionnalisme de cet homme qui a consacré sa vie au service des autres. 

«La prévention reste l’antidote le plus fiable»

Par la suite, c’est le Dr Aïssat qui animera une conférence-débat autour de la Broncho-Alvéolite du nourrisson. Cette maladie est, d’après l’intervenant, une infection d’origine virale, touchant le nourrisson de moins de 2 ans et caractérisée par une infection respiratoire basse avec obstruction bronchiolaire. L’intervenant explique que cette infection est la plus répondue des infections respiratoires aigües, surtout chez les enfants en bas âge. « Elle est caractérisée par une nécrose de l’épithélium respiratoire, une destruction des cellules ciliées et une hypersécrétion. L’infection et les défenses locales provoquent un œdème de la muqueuse et une infiltration cellulaire péri-broncho vasculaire et parfois alvéolaire. Les conséquences sont une obstruction bronchiolaire et des bouchons bronchiques fréquents, pouvant conduire à une distension thoracique et à des troubles de ventilation », indiquera le Dr Aïssat. Ensuite, et après avoir détaillé l’agression virale et ses étapes d’incubation (48 h), il soulignera les moyens de prévention contre cette maladie. Il s’agit essentiellement de vaccination. Cependant, certains vaccins sont, selon le conférencier, introuvables en Algérie, comme le Palizumab. De ce fait, il faudrait suivre certaines indications de base, afin d’éliminer tout risque d’infection. À titre d’exemple, ne pas fumer en présence du nourrisson, se laver les mains avant tout contact avec l’enfant et porter des masques en cas d’infection, dans le but de diminuer les risques de contagion. Dr Chibane, 2e intervenant, axera sa conférence sur le thème de l’Acidocétose diabétique. Cette maladie touche les personnes diabétiques et se matérialise, selon ce spécialiste, en une acidification du sang. « En cas de carence du sang en insuline, la dégradation des lipides est augmentée pour fournir de l’énergie à l’organisme et cette dégradation va former des corps cétoniques », a-t-il expliqué. Les symptômes de cette infection sont, généralement, une haleine caractéristique, des nausées et vomissements, l’anorexie, la perte d’appétit et des douleurs abdominales. Dr Chibane enchainera par l’examen de cette maladie qui consiste, d’après lui, en des analyses du sang qui montrent une hyperglycémie (élévation du taux de sucre dans le sang), une glycosurie (présence de sucre dans les urines), une acétonurie (présence de corps cétoniques dans les urines) et une acidose (diminution du PH sanguin). Il existe, d’autre part, selon le degré d’avancement de l’acidocétose diabétique, une hypokaliémie (baisse du taux de potassium dans le sang). A propos des moyens de traitement, le conférencier dira qu’il s’agit, en premier lieu, d’« administrer des substances basiques (bicarbonates) destinées à faire monter le PH (diminuer l’acidité), en neutralisant les acides présents dans le sang. Bien entendu, quand la cause de l’acidocétose est un diabète sucré insulinodépendant (diabète traité par l’insuline), il faut, si besoin, faire des injections d’insuline pour rééquilibrer le taux de sucre dans le sang. La réhydratation est bien entendu importante ».

Responsabilité médicale : Que chacun assume !

D’autres maladies ont été évoquées, lors de cette journée d’études, comme celles touchant la prostate, pour les hommes, de même que la détection et la prise en charge du cancer du sein, chez la femme. Les différents intervenants se sont tous accordés à dire que la prévention reste le moyen le plus fiable pour se prémunir contre toutes ces maladies. Avant de clore leurs travaux, les divers praticiens n’ont pas manqué d’évoquer un sujet ô combien sensible, celui relatif à la responsabilité médicale. Cette dernière consiste en l’obligation, morale ou juridique, de répondre de ses actes et d’en supporter les conséquences, mais aussi, le degré de responsabilité que peuvent encourir les médecins envers les particuliers ou le public, à l’occasion de l’exercice de leur profession. S’agissant de la faute médicale, Dr Aouès dira qu’elle est « l’erreur que n’aurait pas commise un individu normalement diligent et compétent, placé dans les mêmes circonstances que l’agent du dommage ». Concernant l’erreur médicale, car il y a une certaine nuance entre les deux termes, le même spécialiste soulignera qu’il est question de « ce côté faillible et imprévisible de la médecine, la faute. Elle dénote d’une attitude condamnable, répréhensible, portant atteinte à l’honneur de la profession, aux devoirs d’humanisme et de ce fait aux droits des malades ».  Mais les deux termes impliquent quatre grandes responsabilités pour les praticiens, civile, pénale, administrative et disciplinaire. Il y a lieu de noter que toutes ses responsabilités sont soumises soit aux codes civil et pénal, et à l’appréciation de l’Ordre des médecins.

Ramdane Bourahla

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