Le coup d’envoi de la 6ème édition du salon Djurdjura du livre, sous le thème « Ouvre moi au monde », qui se tiendra jusqu’au 27 décembre à la Maison de culture Mouloud Mammeri, a été donné hier, par le premier responsable du secteur de la culture, M. Ould Ali El Hadi, et le maire de Tizi-Ouzou, M. Ouahab Ait Menguellet, en présence d’hommes de lettres et de culture ainsi que de nombreux éditeurs et invités. M. Ould Ali, et après avoir souhaité la bienvenue aux invités du salon, déclarera, lors de son allocution d’ouverture, que « pour cette 6ème édition, qui verra des hommages rendus à Abdelhamid Benhadouga, Bahia Amellal et Mohamed S’ghir Feredj, une opération de don de pas moins de 160 lots de livres, au profit notamment de différentes organisations, associations, comités de villages, maisons de jeunes, centres culturels et autres bibliothèque communales, sera effectuée et entamée, dès aujourd’hui, par le département de la culture ». Le maire de Tizi-Ouzou, M. Ait Menguellet, pour sa part, a souligné que « c’est un honneur et un plaisir, pour la commune de Tizi-Ouzou, de recevoir les participants et invités de cette 6ème édition du salon Djurdjura du livre. Il faut encourager ce genre d’initiatives, les parents doivent venir, accompagnés de leurs enfants, car nous devons habituer nos jeunes à la lecture et les arracher à la rue ». Ainsi donc, pour la seule journée d’hier, sur les 160 lots de livres prévus, 11 ont déjà été distribués par la direction de la culture de la wilaya de Tizi-Ouzou au profit de différentes structures et organisations. Le premier lot a été attribué à titre symbolique, à la maison de jeune de Béni Douala. Pour revenir à l’événement, dix sept (17) maisons d’éditions participent au Salon Djurdjura du livre, où des ventes dédicaces, avec pas moins de 15 auteurs de différentes wilayas, sont au menu. Le programme, riche et varié concocté par les organisateurs de cette 6ème édition, comporte aussi des conférences, avec plus d’une douzaine de communicants venus de Tizi-Ouzou mais également d’Alger, Mostaganem, Oran et de France.. La première communication, intitulée « Le livre numérique, l’évolution et le rôle des éditeurs, auteurs et libraires », fut présentée par M. Rabah Alahoum, professeur au département bibliothéconomie de l’université d’Alger. L’intervenant déplorera le fait qu’aucun éditeur algérien ne se soit lancé dans l’aventure numérique. Les raisons, selon lui, incombent à de nombreuses contraintes, notamment d’ordre financier. Il citera d’autres obstacles qui freinent le développement du numérique, à l’instar de la méfiance des éditeurs, très frileux quant à la rentabilité de ce procédé. Les droits d’auteurs demeurent, également, selon M. Alahoum, un véritable casse-tête chinois pour les éditeurs, de même que la manière de rétribuer les auteurs : « Il n’existe pas d’exemplaires d’ouvrages, mais des fichiers, alors comment procéderont-ils ? Au nombre de consultations ? ». Autant de questions qui dissuadent les éditeurs de passer au numérique, soulignera l’intervenant, qui parlera, par ailleurs, de l’accès aux ouvrages numériques des universitaires algériens. « Dans un passé récent, les bibliothèques étaient libres de s’abonner à des revues et livres numériques, mais le ministère de l’Enseignement supérieur a pris l’initiative de centraliser cette opération, dés lors que l’abonnement aux revues et aux livres électroniques est strictement réservé aux bibliothèques des universités à travers une offre académique dénomme SNDL (Système national de documentation en ligne) qui date de 2010 », dira-t-il. Cependant, ajoutera-t-il, « des mots de passe sont indispensables pour accéder aux bases de données, et chaque base contient des livres et des revues. Les livres et revues ont été intégrés dans le fichiers électroniques dans les domaines STM (Sciences, technologie et médecine), les sciences sociales et humaines étant venues après ». L’on apprendra par ailleurs, que pratiquement toutes les universités algériennes accèdent à cette plate-forme, mais malheureusement, cela est uniquement réservé aux étudiants en Master et en post-graduation ainsi qu’aux chercheurs, quant aux étudiants des premières et deuxièmes années, ils ne peuvent pas encore accéder à ces fichiers.
Karima Talis
