Environnement L’exemple du village Laâziv N’Cheikh à Aïn Zaouïa – Amende de 5 000 DA pour une canette jetée sur la place publique

A peine quelques jours après la tenue des états généraux sur l’environnement au siège de la daïra de Draâ El-Mizan, les élus de la commune de Aïn Zaouïa ont convoqué les membres de la société civile (comités des villages et associations) à une rencontre, en fin de semaine dernière, à la maison de jeunes Cheikh H’Sissen du chef-lieu.

Ainsi, ils ont tous répondu à l’invitation pour décortiquer ce volet pour lequel beaucoup de salive et d’encre continuent de couler depuis le 28 octobre, date du grand conclave tenu à ce sujet au chef-lieu de wilaya. Les élus locaux ont fait un constat amer. « Notre environnement est agressé de partout. Les canettes de bière jonchent nos rues et nos villages. Nos rivières et nos cours d’eau sont pollués. Quant aux décharges publiques, elles sont incalculables. Tout est sale. Où vont les choses ? », s’interrogera le maire devant l’assistance. Après que l’état des lieux est exposé un débat a été ouvert. Celui-ci a été l’un des plus fructueux ponctué par des interventions de qualité. « Il faudra être dur avec les pollueurs. Ne jamais se limiter aux mises en demeure et jamais hésiter à traduire les récidivistes devant la justice. Dans mon village, quelqu’un a jeté une canette de bière dans la place publique et il a payé une amende de cinq mille dinars. On n’a pas attendu les moyens de l’APC pour réagir. Nous faisons tout pour avoir un village propre. Nous avons même mis des corbeilles à la disposition des villageois. Les sensibilisations sont importantes, mais il faut aussi des moyens », expliquera le représentant du village Laâziv N’Cheikh. De nombreux intervenants sont longuement revenus sur la pollution de la rivière qui traverse le chef-lieu. A cette question, les élus répondront qu’une enveloppe de treize millions de dinars est retenue à cet effet. Un autre représentant d’un quartier de la ville, signalera que cela n’est pas l’affaire seulement des autorités, mais de tous. Le conseiller de la jeunesse de la maison de jeunes rappellera à l’assistance le programme tracé par la DJS concernant non seulement la sensibilisation dans les établissements scolaires, mais aussi les volontariats auxquels participeront les jeunes au niveau du chef-lieu de wilaya, puis au niveau des daïras et des communes durant tout le premier trimestre de l’année prochaine. « Nous sommes disponibles à confectionner jusqu’à cinq cents affiches avec des slogans propres à Ain Zaouïa », dira cet intervenant. Dans les diverses interventions, ce sont les rejets des eaux usées dans la nature et dans les ruisseaux qui sont signalés. Les élus ont apporté une précision au sujet de la prise en charge des réseaux défectueux d’un côté et l’inscription de nouvelles opérations avec des études techniques fiables, de l’autre côté. Au terme de toutes les interventions, des réponses ont été apportées aux questions posées, tels les déchets des unités de soins et de la polyclinique ou encore la décharge sauvage sur la route d’El Mechmel qui reçoit, quotidiennement, trois tonnes de déchets. Deux grandes propositions ont été retenues. Il s’agit de l’installation d’un comité de suivi afin d’être sur le terrain et évaluer l’avancement des actions (volontariat, sensibilisation, avis aux populations) et la création d’une association communale pour l’environnement, où seront représentés les villages et les quartiers de la commune. En définitive, cette rencontre a remis les pendules à l’heure où chacun doit mettre du sien pour réduire le taux de pollution dans un premier temps avant de parler du cent pour cent. Elus et membres de la société civile se sont entendus sur le minimum. En évoquant le manque de moyens, un intervenant ira jusqu’à proposer un Téléthon pour l’environnement !

Amar Ouramdane