Les raisons d’un manque

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La bonbonne de gaz butane connaît une demande accrue en cette période de grand froid, notamment de la part des populations qui ne sont pas encore raccordées au réseau du gaz naturel.

Ainsi, outre son prix qui enregistre une relative augmentation, cédée à pas moins de 600 DA dans certains points de vente, c’est aussi sa disponibilité qui fait défaut dans les contrées, notamment les plus isolées. Dans le but d’en savoir un peu plus sur la situation globale de la production et la distribution des bonbonnes de gaz à l’échelle de la wilaya, attache a été prise avec la direction des énergies et des mines (DEM) de Bouira.

«Nos stations tournent à plein régime »

La responsable de la communication de cette direction a noté que la production du gaz butane au niveau de la wilaya de Bouira se fait via deux unités d’enfûtage: Une dans la commune de Chorfa et l’autre à Oued El Bardi. Pour ce qui est de la première, notre interlocutrice  soulignera qu’«il s’agit d’une mini unité qui peut produire 7.000 à 8.000 bonbonnes du gaz par jour, avec un rythme normal de deux équipes ». A propos du potentiel de stockage de l’unité de Chorfa, notre vis-à-vis précisera qu’elle peut contenir jusqu’à 100 tonnes de GPL. Concernant la destination des bonbonnes de butane produites par cette unité notre interlocutrice indiquera qu’« elles couvrent essentiellement les dix (10) communes de l’Est de la wilaya, mais comme neuf d’entre-elles sont déjà raccordées au réseau du gaz naturel, hormis la commune d’Ouled Rached qui sera bientôt raccordée, on approvisionne à partir de cette unité d’enfûtage quelques communes de Béjaïa et de Bordj Bou-Arreridj ». Au sujet de la seconde unité de production et de stockage de Oued El Bardi (la principale), cette responsable dira : « Cette unité dispose d’une grande capacité de production et de stockage. Elle produit environs 16 000 bonbonnes de gaz par jour, avec une capacité de stockage de 1000 tonnes de GPL. En temps normal, elle fonctionne avec deux équipes, mais afin de faire face à la forte demande, une équipe supplémentaire a été récemment affectée ». Interrogée sur cette « pression » sur le gaz butane due à la vague de froid qui sévit sur le pays, elle dira qu’« au niveau de la wilaya de Bouira, aucun problème n’a été signalé jusqu’à présent. La production et la distribution se font régulièrement». A propos des carences enregistrées lors de l’hiver 2012, qui est toujours dans les esprits, concernant notamment, la distribution et l’acheminement des bonbonnes de gaz vers les hameaux les plus reculés, la chargée de communication de la DEM dira que « toutes les leçons ont été tirées. Certes, on ne peut pas dire qu’on a atteint la perfection en la matière, mais de gros efforts ont été faits pour que le scénario de février et mars 2012 ne se reproduira plus ».

Les aviculteurs clandestins «pillent» les stocks !

Sauf que malgré ces assurances, des «couacs » subsistent encore, particulièrement dans les zones rurales, à l’image des communes de Maâla, Maâmoura, Mesdour et Guerrouma, où l’on a pu constater un certain manque du gaz butane et une envolée des prix qui ont atteint les 600 DA la bonbonne. Sur ce volet, notre interlocutrice rejettera la responsabilité sur les élus locaux. «C’est aux élus locaux de nous indiquer les carences et on se fera un devoir d’y remédier. Contrairement aux autres secteurs, celui des énergies et des mines n’a pas d’antennes aux quatre coins de la wilaya, mais on a le chef de daïra comme interlocuteur », s’est-elle défendu, avant d’ajouter : « C’est le rôle des élus de veiller au grain ! ». Et à propos de la rareté des bonbonnes du gaz butane enregistrée dans certaines communes, elle nous a révélé que « c‘est la faute aux avicultures ». Avant de s’expliquer sur le sujet : « Les aviculteurs ont le droit de s’approvisionner en gaz propane et non butane. D’ailleurs, il existe une convention qui est signée avec les services de Naftal. Cependant, certains aviculteurs qui activent dans la clandestinité achètent de grandes quantités de bonbonnes du gaz butane puisqu’ils n’ont pas le droit au propane ». Questionnée au sujet de l’acheminement des bonbonnes du gaz vers les coins les plus reculés de la wilaya, notre interlocutrice a admis que c’est l’un des « points noirs » que connaît la wilaya de Bouira. Toutefois, elle imputera la responsabilité de cette situation aux services de la direction des travaux publics (DTP). Selon cette responsable, il y a une certaine « défaillance » de la part des dits services. « On veut bien acheminer le gaz butane à travers l’ensemble de la wilaya, mais encore faut-il qu’on puisse y accéder! Dans certaines zones, les routes sont carrément inaccessibles et cette situation pénalise au plus haut point les citoyens », fera-t-elle remarquer. Et d’enchaîner : « C’est un comble d’avoir une production suffisante pour ne pas dire en excédant et ne pas pouvoir l’acheminer aux gens qui en ont le plus besoin, faute de routes praticables! ». S’agissant des prix de la bonbonne du gaz butane qui, faut-il le rappeler, a atteint les 600 DA, notre interlocutrice a déclaré : « Le contrôle des prix ne rentre pas dans nos prérogatives, mais dans celles de la direction du commerce. Nous prenons en charge uniquement la production, le stockage et l’acheminement avec les services de Naftal. Au-delà on n’est pas concernés ».  

Ramdane Bourahla

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