Une année politique et économique chargée

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L’année qui s’achève a été, le moins que l’on puisse dire, prolifique en événements de tous genres, politiques, économiques, sociaux, culturels et sportifs. Il y eut des hauts et des bas, forcément. De bonnes et de mauvaises nouvelles. Elle a été, pour ainsi dire, riche et variée.

Par S. Ait Hamouda

Hors de la cacophonie et des polémiques qui ont entouré la maladie, puis l’hospitalisation au Val de Grâce et la convalescence du président de la République, où chacun y allait de sa vision, apocalyptique pour certains qui y entrevoyaient même de funestes sorts pour l’Algérie à travers la façon dont le pays est gouverné. Aucun gouvernement n’a trouvé grâce à leurs prospectives. Ni Ouyahia, qui avait alimenté la chronique par des critiques acerbes, parfois à la limite de la correction, avant son remplacement en septembre 2012 par Sellal, ni le gouvernement de ce dernier, pourtant dit technocratique, qu’on accuse de tous les noms d’oiseaux. On disait de Sellal, tantôt qu’« il convoitait la présidence », et tantôt qu’« il faisait campagne pour Bouteflika pour un 4e mandat ». Sa tournée à travers les wilayas du pays faisait, et continue à le faire jusqu’à présent, les choux gras de la presse. Les partis, pour leur part, qu’ils soient de l’opposition ou pro pouvoir, ne savent plus sur quel pied danser. Gérant leurs crises internes, pour certains, à l’image du FN et, à un degrés moindre, du RND et du FFS. Le premier n’arrive toujours pas à retrouver sa stabilité pour des raisons de leadership. Le second a, tout de même, réussi son 4e congrès sans coup férir, en désignant Abdelkader Bensalah au poste tant convoité de Secrétaire général. Pour le 3e, ses débats internes ressemblent, à bien des égards, à une danse de Saint Guy, confronté à une agitation  multiforme, générationnelle, systémique et idéologique, dont l’épicentre n’est autre que son leader incontestable et incontesté. Il est vrai que Hocine Ait Ahmed a, de tout temps, fait l’unanimité. Il a été tout le long de l’histoire du FFS, en dehors de la mêlée. Il l’est resté après sa démission du poste de président et son remplacement, au dernier congrès du parti, par un directoire collégial composé de Mohand Amokrane Cherifi, Ali Laskri, Rachid Hallet, Aziz Baloul et Saida Ichalamen. Cette autorité collégiale du FFS a été élue, à l’unanimité sur une liste fermée, par les 1400 congressistes, le 25 mai  dernier. La nouvelle démarche participationniste du plus vieux parti d’opposition n’a pas été saluée par tous les militants. Il y en a même qui s’y sont opposés frontalement, suggérant la création d’un FFS bis, et d’autres, comme Karim Tabou, à envisager carrément la création d’un parti. Ce dernier a d’ailleurs annoncé l’avènement, le 31 août passé de l’Union Démocratique et Sociale (UDS). D’autres formations politiques parlent de convergence du pôle démocratique, sans avoir d’atomes crochus avec ceux dont ils ne partagent rien ou peu de choses. En fait, en politique comme dans la vie, il y a des moments où tout s’arrête, soit pour prendre son élan et mieux sauter, soit pour observer une hibernation qui n’en finit pas. En attendant, comme de coutumes, les prochaines échéances électorales.  

Des relations franco-algériennes entre le zist et le zest 

 

Sur le plan international, la visite officielle et de travail de trois jours, du 15 au 17 décembre, qu’a effectuée Jean-Marc Ayrault, accompagné d’une importante délégation de ministres et d’hommes d’affaires français, a été un événement plus économique que politique. Sur ce dernier point, beaucoup de divergences, parfois inconciliables, séparent les deux pays, tant dans leurs relations bilatérales, dont la plus notable trouve son origine dans le peu d’empressement de la France à reconnaître ses crimes et à présenter son mea-culpa quant à son passé colonial en Algérie, que sur le plan international, avec les événements qui agitent la Syrie, ses positions par rapport à la question palestinienne qui font la part belle à l’Etat sioniste, ainsi que la problématique de la Libye et ses retombées sur la région. De toutes les façons, les relations politiques, stricto sensu, apaisées avec l’Algérie, on en est loin de la coupe aux lèvres. Restons donc dans les relations d’intérêts communs, surtout économiques, et un tant soit peu culturelles. Il n’en demeure pas moins que la visite du Premier ministre français a permis la signature de neuf accords de coopération dans divers domaines, à l’issue de la première réunion du Comité intergouvernemental bilatéral de haut niveau, coprésidée par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, et son homologue français, Jean-Marc Ayrault. Le communiqué conjoint, rendu public au terme de cette visite, relève que les deux parties ont réitéré «la volonté des deux pays » de renforcer leur coopération bilatérale, par la mise en place d’une «ambitieuse» feuille de route, exprimant, par la même occasion, leur « satisfaction » de la multiplication des visites bilatérales depuis 2012. Les accords conclus entre les deux pays portent, notamment, sur le dialogue politique et le fonctionnement du Comité intergouvernemental de haut niveau, la suppression réciproque des visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de services, ainsi que sur l’assistance technique dans le domaine des transports. Une déclaration d’intention dans le domaine de l’urbanisme, un accord sur un programme d’échanges culturels, pour la période 2014-2016, ainsi qu’une déclaration d’intention pour la mise en place d’un centre d’excellence des métiers de l’énergie et de l’électricité figurent également parmi les documents signés. La communication, aussi, n’est pas en reste, puisque les deux parties ont procédé à la signature d’accords dans ce domaine. Cependant, le mot de trop, ou plutôt la blague inélégante envers l’Algérie de François Hollande, à l’occasion des 70 ans du CRIF, a failli tout faire capoter, n’étaient-ce ses regrets, son coup de fil au Président de la République et la déclaration du ministre algérien des AE, qui ont, un tant soit peu, tempéré les ardeurs et limité « la moins value » dans les rapports franco-algériens.

Dépréciation technique du dinar

 

La dépréciation du dinar est aussi un fait marquant de cette fin d’année. Selon la Banque d’Algérie, cette baisse était dictée par des considérations purement techniques, loin de la volonté affichée du gouvernement de freiner le rythme des importations. Elle est le résultat direct de l’inflation, qui a atteint des niveaux record en 2012 et continue de se maintenir à un niveau élevé en 2013, selon la même source. La Banque d’Algérie, qui utilise un système de « flottement dirigé », a été contrainte d’ajuster la valeur du dinar par rapport aux principales monnaies, pour tenir compte du niveau d’inflation important atteint et sauvegarder, ainsi, le niveau de compétitivité des produits locaux face à ceux importés, notamment de la zone euro. Le dinar algérien « s’appréciera à nouveau», dans les prochains mois, après une dépréciation d’environ 9% par rapport à la monnaie européenne, opérée depuis le mois de juin, avait alors affirmé le ministre des Finances, Karim Djoudi. «Selon nos prévisions, il y aura, d’ici peu, un taux d’inflation de 4%, voire moins, et le dinar va s’apprécier à nouveau», disait-il. La dépréciation de la valeur du dinar par rapport à l’euro et au dollar est le résultat du différentiel entre le taux d’inflation en Algérie et celui enregistré dans le reste du monde, a expliqué le ministre. Il s’agit d’«un cas de dépréciation, car le marché a enregistré par le fait de la Banque d’Algérie, le différentiel de l’inflation en Algérie et au reste du monde (en Europe et aux Etats-Unis)», a-t-il souligné. Toutefois, cette tendance «pourrait être inversée prochainement», a estimé le ministre. Compte tenu du fait que ce différentiel ira en se réduisant au cours des prochains mois, a-t-il poursuivi, «la valeur du dinar devrait, de mon point de vue, enregistrer cette réduction du différentiel de l’inflation et reprendrait de la valeur». Selon le premier argentier du pays, un recul du taux d’inflation est déjà constaté. «En décembre 2012, l’inflation était de 8,9%, et en août 2013, le taux a baissé à 4,4% puis à 4,1 % en septembre», avait-t-il ajouté. Vaille que vaille, l’année qui s’annonce sera, sans conteste, prolifique en événements, tant politiques qu’économiques. D’abord les élections présidentielles prévues, en principe au mois d’avril 2014, pour lesquelles pas moins d’une dizaine de candidats comptent appâter les électeurs, à qui mieux mieux, avec des programmes plus ou moins réalistes et réalisables. Cela écrit, gageons que 2014 sera l’année de tous les possibles heureux. Bonne années à tous !

S.A.H.

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