La France va-t-elle enfin exorciser ses démons coloniaux, comme l’Allemagne nazie à exorcisé les siens, en rappelant ce pan de son histoire et surtout en l’assumant ? La littérature mais surtout le cinéma sont le meilleur moyen de se remémorer les crimes commis, de les révéler aussi aux jeunes générations pour que ‘’cela ne se reproduise plus’’. Si la guerre d’Algérie et ses horreurs a déjà fait l’objet de quelques films, ce n’est pas le cas des événements du 8 mai 1945 qui, le jour de la victoire sur le nazisme, a vu la France coloniale réprimer dans le sang une manifestation pacifique d’Algériens, dont le seul tort était de demander l’indépendance de leur pays. Cette année, après avoir longtemps observé le silence, les autorités françaises, par la voix de leur ambassadeur, ont reconnu la responsabilité de l’Etat français dans les événements. C’est un mea culpa venu soixante ans après, mais il est toujours bon de reconnaître ses torts. On vient d’apprendre que le cinéaste français, d’origine grecque, Costa Gavras, qui a mis en scène plusieurs films à succès, comme Z, coproduit par l’Algérie et consacré à la guerre de libération, réalisera prochainement un film sur les massacres de mai 1945. Le film, intitulé “Mon colonel” évoquera notamment le sujet tabou de la torture perpétrée, durant ces événements, par l’armée coloniale contre les résistants et les civils algériens. L’“œuvre’’ coloniale française, que les partisans de la loi du 23 février 2005 veulent magnifier, n’en sortira certainement pas grandie !
S. Aït Larba
