La grogne sociale reprend de plus belle au niveau du chef-lieu de la wilaya de Bouira. Après les citoyens du village d’Ouled Kfifa, qui ont manifesté jeudi dernier, c’était, hier, au tour des habitants de la cité évolutive, située en plein cœur de la ville de Bouira, d’organiser un mouvement de protestation. Par cette action, les manifestants disent vouloir interpeller les autorités locales à propos du plan de relogement promis au mois de septembre dernier. C’est aux alentours de 11h que des dizaines de citoyens ont bloqué l’artère principale du chef-lieu de la wilaya, à l’aide de pierres et de troncs d’arbres. D’après certains manifestants, les résidents de la cité seraient “exclus” de l’opération de recasement prévue à l’occasion de la prochaine visite du Premier ministre. Selon d’autres contestataires, l’opération de recensement a débuté depuis plus de deux ans au niveau de leur cité laquelle faut-il le rappeler, fut érigée pendant l’ère coloniale. Ladite cité comporte 128 logements où s’agglutinent pas moins de 300 familles dans l’exiguïté. Les responsables locaux ont décidé d’en finir avec cette cité où les appartements ne répondent plus aux normes. Toujours d’après certains manifestants interrogés, une commission de daïra a été mise en place afin de recenser les familles qui y habitent. « Cette commission était assistée par des représentants de chaque bâtiment. Nous sommes arrivés à 315 familles recensées. Cependant, les responsables nous proposent 175 logements ! C’est inadmissible », s’insurgent nos interlocuteurs qui ajouteront : « cette opération a enregistré un retard de plus de quatre années. Le premier recensement remonte à plus de huit ans. Depuis, beaucoup de jeunes célibataires sont devenus des pères de famille. Nous exigeons un appartement par livret de famille », a fait remarquer un résident de ladite cité. Les protestataires ont menacé de durcir leur mouvement et de passer à d’autres actions si les autorités ne répondaient pas favorablement à leurs doléances. « Nous allons s’il le faut apporter des tentes et faire descendre les femmes et les enfants dans la rue. Nous fermerons tous les issues de la ville jusqu’à satisfaction de nos revendication légitimes », menacent-ils.
Ramdane. B
