Se sachant affaiblie, l’Egypte sollicite, aujourd’hui, Alger pour redorer son blason, du moins sur les plans arabe et africain.
Bien qu’il ait affirmé à son arrivée à Alger, que sa visite n’était pas liée à la situation interne qui prévaut en Egypte, le ministre des Affaires étrangères, Nabil Fahmi, n’avait pas en main les arguments nécessaires pour que cette courte visite à Alger soit circonscrite dans le strict cadre d’un « dialogue entre deux pays frères, liés par des intérêts, régionaux et internationaux, communs ». Les audiences accordées par les plus hautes autorités du pays et les entretiens qu’il a eus, d’abord avec le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, et le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, au premier jour de son arrivée dans la capitale algérienne, renseigne, si besoin est, sur l’importance qui doit être conférée à cette visite, notamment en cette période de troubles que vit l’Egypte présentement. Hier dans la matinée, comme il fallait s’y attendre, une autre rencontre a réuni les chefs de la diplomatie des deux pays, pour des entretiens auxquels les canaux officiels veulent donner un vague contenu : « Le repositionnement de l’Egypte sur la base de son identité arabe et de ses racines africaines », ou bien cette sempiternelle question de « concertation, entre les deux pays, qui est un devoir et une responsabilité face aux défis majeurs et dangereux qui se posent au monde arabo-africain». En réalité depuis la destitution du président Morsi, en juillet dernier, la situation sécuritaire au pays des Pharaons est telle qu’il n’est point démesuré de parler de substituts de guerre civile. Sur le plan international, l’Egypte semble avoir perdu de son aura, avec l’arrivée de l’armée au pouvoir, acte que les observateurs ont assimilé à un coup de force. Se sachant affaiblie, l’Egypte sollicite, aujourd’hui, Alger pour redorer son blason, du moins sur les plans arabe et africain. Raison pour laquelle, la présence de Nabil Fahmi en Algérie n’est motivée ni par les usages diplomatiques, qu’on veut bien lui conférer, ni par un quelconque « approfondissement des relations entre les deux pays », mais plutôt pour solliciter les bons offices d’Alger auprès des institutions, arabe et africaine, pour se repositionner. Il est vrai qu’il n’est pas aisé d’ergoter que la situation est stable en Egypte, avec son lot d’attentats meurtriers, de manifestations réprimées dans le sang et une société divisée…
Ferhat Zafane

