Au cœur de l’être

Avec un sens aigu de la lucidité, Frénaud explore les profondeurs de l’être où se mêlent l’espoir et le néant, la fougue et la déréliction humaine. ‘’Il y a aussi dans cette poésie des accents rudes et vigoureux qui contribuent à incarner dans du concret un lyrisme cependant métaphysique », juge le professeur Henri Lemaître. Il ajoute : ‘’Sans doute, dans son paradoxe profond, une des voix les plus singulières et les moins conformistes de la poésie contemporaine ». ‘’Je ne peux entendre la musique de l’être Je n’ai reçu le pouvoir de l’imaginer Mon amour s’alimente à un non-amour Je n’avance qu’attisé par son refus Je m’emporte dans ses grands bras de rienSon silence me sépare de la vie. Être sereinement que j’assiègeQuand enfin je vais l’atteindre dans les yeuxSa flamme a déjà creusé les miens m’a fait cendresQu’importe après le murmure misérable du poèmeC’est néant cela non le paradis »Avec André Frénaud, nous retrouvons le mot juste, la phrase amoureusement ciselée, l’élan poétique qui fait défaut dans la vie effrénée que nous menons. En nous montrant les profondeurs de l’être, faites d’innocence perdue et de repentir inassumé, d’idéal folâtre et de feu inabouti, il désigne pour nous le néant des origines et les figures éthérées de l’idéal qui sustente notre attachement à la vie. André Frénaud a reçu en 1985 le Prix national de la poésie pour l’ensemble de son œuvre. Il meurt en 1993.

Principales œuvres poétiques d’André Frénaud :-Les rois mages-1943 -Les Mystères de Paris-1944-Poèmes de Brandebourg-1948-Il n’y a pas de Pradis-1962-Le Chemin des devins-1966-Vieux pays-1967-Depuis toujours déjà-1970-Mines de rien, petits délires-1974-Haeres-1982

A. N. M.