L’hémorragie, qui tourmente les rangs du FFS, notamment dans la wilaya de Béjaïa, se poursuit et ne montre aucun signe d’amélioration depuis déjà deux semaines.
Plus de 200 cadres et militants ont décidé de faire leurs adieux à leur structure organique. Et les raisons qui les ont poussés à claquer la porte se trouvent dans la tendance de la nouvelle direction collégiale à nourrir «le marasme», aux manquements à la ligne directrice originelle du parti et ses statuts, et au mépris affiché à l’égard de la base, toutes générations confondues. Les militants démissionnaires reprochent, en outre, au présidium, installé lors du 5e congrès tenu au mois de mai dernier pour suppléer au départ à la retraite de son leader charismatique, Ait Ahmed, ses retournements et la confusion qu’il entretien sur plusieurs sujets de fond. Il est loisible de surfer sur cette crise, surtout en l’absence, pour démissions, des cadres de l’envergure des Bouhadef, Djamel Zenati et consorts, qui auraient pu, un tant soit peu, la tempérer ou tout au moins limiter sa portée. C’est un FFS timoré qui se bat contre sa base qui ne le reconnaît plus. «Que reste-t-il de l’identité de notre parti ? Rien ! Et il s’en trouve des pseudo militants qui veulent nous faire prendre les vessies du reniement pour les lanternes de la démocratie, alors qu’ils ferment les portes du dialogue en ouvrant celles de l’arrogance et du mépris», nous dit un militant de la première heure, qui pour dater la crise qui accable son parti se réfère à l’époque où le premier secrétaire était Karim Tabou. «C’est avec lui que le FFS a entamé sa descente en enfer. N’était-ce pas lui qui a fait venir, il y a deux ans de cela, devant la siège national du parti, des gros bras, pour nous empêcher, nous anciens du FFS, de tenir notre sit-in de protestation contre ce que nous entrevoyions déjà comme une OPA sur les lignes directrices de notre parti» Il est, pour ainsi dire, plus que sûr que le plus vieux parti d’opposition du pays n’a pas fini de manger son pain noir et la saignée qui l’étreint ne fait que commencer.
Sadek A. H.

