« L’APC a projeté la construction d’un nouvel abattoir à la zone d’activité, sur une superficie de 1500 m2 et d’un coût prévisionnel de 11 000 000,00 DA dont une partie sera financée par la municipalité à hauteur de 7 000 000,00 DA soit 64% et l’autre par l’agence foncière à hauteur de 4 000 000,00 DA soit 36%, sans lui dégager au préalable une enveloppe budgétaire et comptant sur les seules ressources de l’agence. Arrivée la première situation, nous avons payé 1 800 000,00 DA sur les 2 120 000,00 DA facturés et la municipalité n’a pas pu régler la différence soit 320 000,00 DA, ce qui a motivé l’entrepreneur a abandonner le chantier », révéla M. Agaou Amar, responsable de l’agence foncière de Seddouk.En effet, la fermeture de l’abattoir de Seddouk par la commission d’hygiène de la wilaya, il y a de cela trois ans, est loin de connaître son épilogue et continue de défrayer la chronique, notamment chez les bouchers. Las d’attendre, ils reprochent à la municipalité la lenteur et le laxisme dans la réalisation d’un nouvel abattoir dont les travaux ont été entamés puis abandonnés il y a belle lurette. « Je suis très surpris d’apprendre que le nouvel abattoir est abandonné à son triste sort comme le funeste ancien abattoir », ironise un boucher de la ville. A qui profite la délocalisation des bouchers de l’ancien abattoir ? Assurément pas à ces laisser-pour-compte qui broient du pain noir depuis sa fermeture, ni aux riverains qui sont gênés davantage par les puanteurs provenant des urines… Abandonné à son triste sort avec des portes et fenêtre arrachées, sans que personne ne s’inquiète, la bâtisse est devenue un lieu de prédilection des délinquants… Pis encore, des immondices jonchent aux alentours à côté des habitations, d’une fabrique et d’un cimetière. Pour en savoir plus sur cette triste affaire, nous avons consulté Bibi Smaïl, l’adjoint au maire à l’APC de Seddouk qui nous a livré sa version. « Nous avons initié ce projet en comptant sur les sommes que nous doit l’agence foncière concernant la gestion du foncier de la municipalité et sa réalisation est prévue par tranches avec le consentement du responsable de l’agence, car à cette époque, nous présidions le conseil d’administration, seul organe habilité à prendre des décisions. En commun accord, nous avons dégagé pour la première tranche des travaux une somme de 4 000 000,00 DA pour réaliser dans les meilleurs délais le local destiné à l’immolation des bêtes et ce afin d’alléger les souffrances des bouchers qui erraient dans d’autres communes. Ensuite, suivront les réalisations d’autres infrastructures, en fonction des rentrées d’argent. C’est en application de la note gouvernementale du 05/11/2003 par la wilaya, instituant la dissolution du conseil d’administration et plaçant ainsi l’agence sous son autorité que tout a remis en cause. Depuis, nous n’avons plus de prérogatives sur l’agence pour en décider de quoi que ce soit », tels sont les éclaircissements apportés par notre interlocuteur qui rajouta : « Certaines priorités tels que les projets d’assainissement, d’AEP et de routes ont fait que cet abattoir n’a pas été inscrit dans les PCD de 2005 ».Pour se faire, les bouchers attendent impatiemment un geste salutaire des pouvoirs publics pour trancher sur ce problème persistant qui n’en serait jamais un si tout a été bien planifié au départ. Car « gérer, c’est prévoir », dit-on.
L. Beddar
