Les militants démissionnaires du Front des forces socialistes ont animé avant-hier vendredi, un meeting populaire au chef-lieu communal d’Amalou. C’est le troisième, après ceux organisés, il y a quelques jours, dans les communes de Chemini et Tamridjt. Le meeting était animé par des anciens militants de 63, des ex-cadres nationaux du parti, des élus APW et APC des wilayas de Béjaïa et de Bouira, ainsi que le député Khaled Tazaghart, chef de file des frondeurs. Les démissionnaires sont revenus, longuement, sur les tumultes à rebondissements que connaît le FFS depuis plus d’un an. Ils réaffirmèrent que la ligne directrice du parti a été déviée de son sens historique de combativité et d’opposition. « Nous avons démissionné du FFS de 2013 mais pas de celui de tous les combats démocratiques, fondé en 1963. Et nous allons pousser à la porte l’actuel appareil du parti », martela un ancien militant FFS de 63. « Nous n’avons pas démissionné pour des postes, mais à cause des violations au sein du parti et de la déviation de la trajectoire du FFS, et nous voulons nous démarquer de ces gens qui excellent dans le dénigrement », ajoutera un autre militant. « La ligne originelle du parti est déviée par les membres du Présidium qui veulent vendre le FFS, mais nous n’allons pas les laisser faire », dira un maquisard et militant de 63. Les frondeurs ont insisté sur le fait que le parti était verrouillé et que sa fissuration était programmée : « Des barricades de tous genres sont nées au sein du parti, concernant plusieurs de nos dernières démarches. Ce fut le cas, l’année dernière, quand nous voulûmes organiser d’une marche pour réclamer des pouvoirs publics un plan d’urgence pour la wilaya de Béjaïa. Ce fut un refus catégorique de la part de la direction nationale. On nous refusa également l’élargissement des conseils fédéraux à tous les militants. Quant au projet de la construction de la stèle des martyrs de 63, ce fut le point qui fit déborder le vase », expliquera le député Khaled Tazaghart. Les démissionnaires lancent ainsi un défi aux instances nationales du parti pour une confrontation publique. Selon eux, le FFS est affaibli par son équipe dirigeante qui n’a pas encore tranché sur les élections présidentielles prochaines. Une première dans les annales du parti. Par ailleurs, les ex-membres de la fédération de Bouira sont revenus, lors de leur intervention, sur le cas de leur départ du parti : « Nous avons sollicité la direction du parti pour une audience en guise de réconciliation, pour stopper l’hémorragie qui saigne le parti. Mais notre démarche est restée lettre morte, ce qui nous a poussés à démissionner », dira un intervenant. Les organisateurs du meeting réaffirmeront par ailleurs les vrais membres du présidium sont les militants de 63 : « Le FFS est né après des évènements tragiques, où plusieurs d’entres nous ont perdu la vie. C’est grâce à nous que ces gens sont devenus aujourd’hui des députés », souligne un militant de 63. Un autre dira : « Je saisis cette occasion pour faire appel à tous les militants des autres wilayas pour venir rejoindre le Forum socialiste pour la liberté et la démocratie, afin de continuer le combat démocratique et historique du FFS ». Il poursuivra en disant que l’équipe dirigeante allait connaître un véritable séisme dans les prochains mois. Par ailleurs, tous les intervenants s’interrogeront sur le fait que le présidium ne se soucie guère de leur démission. Ils réaffirmeront leur détermination à multiplier les réunions pour débattre de leur avenir politique. « La plus grande hypothèse et de fonder un autre parti politique qui prenne en charge la charte de 1963 du FFS, le combat de ses martyrs pour la liberté la démocratie et pour une Algérie plurielle », conclura le député Khaled Tazaghart, qui a laissé entendre qu’il ne rendrait pas son mandat parlementaire.
Keddouh Mohand Seghir
