Les détenus de Serkadji seront transférés à Koléa en 2008

Les détenus de Serkadji seront transférés vers une nouvelle prison actuellement en construction à Koléa. Les travaux de cette dernière seront achevés d’ici 2008, selon ce qui a été déclaré lors d’un séminaire international sur l’architecture carcérale organisé hier à l’hôtel Mercure sous le patronage de Tayeb Bélaiz ministre de la justice, garde des sceaux. Actuellement, le secteur pénitentiaire compte 127 établissements, classés selon l’article 28 du code de l’organisation pénitentiaire en établissement de prévention, de rééducation, de réadaptation, en centres spécialisés pour femmes et centre spécialisé pour mineurs et ce comme suit : 10 établissements de réadaptation, 35 établissements de rééducation, 80 établissement de prévention et 2 centres pour mineurs. Quant aux périodes de construction de ces établissements, il est à noter que 76 établissements pénitentiaires ont été construits avant 1962 dont 59 avant 1900, 51 établissements pénitentiaires ont été réalisés après 1962. C’est-à-dire que plus de la moitié de ces établissements ont été construits avant l’Indépendance reflétant ainsi une vétusté criante du parc immobilier carcéral. Il y a lieu aussi de signaler que 29 établissements pénitentiaires ont été conçus initialement à d’autres fins. La vétusté, l’exiguïté et la conception de ces infrastructures sont autant de facteurs qui engendrent des dépenses colossales et qui alourdissent le budget de l’Etat. Ainsi des travaux de réfection, de confortement et d’aménagement ont coûté, à titre indicatif ; en 2003, 30 milliards de centimes, 41 milliards en 2004 et 40 milliards de centimes en 2005. Pour pallier ce déficit, un programme ambitieux a été arrêté, il s’agit de la réalisation de 51 établissements pénitentiaires s’étalant sur la période 2005 à 2009. En effet, deux établissements d’une capacité d’accueil de 1000 places, 13 établissements d’une capacité d’accueil de 500 places, 21 établissements d’une capacité d’accueil de 200 places et 25 établissements d’un milieu ouvert d’une capacité d’accueil de 200 places. A titre indicatif, il y a lieu de dire que durant ces dernières années, le coût de réalisation d’un établissement pénitentiaire était calculé sur la base d’un montant estimé à 1 million de dinars par détenu. Actuellement, le nombre de détenus est estimé à 42000 prisonniers. Pour la concrétisation de ces projets, la direction générale de l’administration pénitentiaire et de réinsertion a lancé des concours d’études en direction des bureaux d’études d’architecture pour l’élaboration des différentes études types. A cet effet, il a été arrêté une liste de 12 bureaux d’études algériens et étrangers. Par ailleurs, le nouvel établissement doit tenir compte impérativement des données de bases légales, réglementaires, ainsi que des normes de gestion et d’organisation. Son architecture doit répondre et prendre en charge l’aspect sécuritaire et économique. En ce qui concerne la conception de l’établissement pénitentiaire moderne, le ministre a souligné que « la conception de l’établissement pénitentiaire moderne aura pour but de résorber les anciennes connotations carcérales et de faire en sorte que cet établissement ait un caractère humain, dans le respect de la dignité de la personne du détenu, dissuasif et également sécuritaire ».

B. Nawel