Au-delà de l’information

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Être à l’écoute d’un environnement limité dans l’espace, tel est, schématiquement, le ‘’rôle’’ d’une radio locale, ou régionale, s’agissant des stations implantées à travers les wilayas du pays. Il est évident que cet environnement est fait d’un ensemble de comportements sociaux, culturels et économiques qui définissent la localité ou la région ‘’invitée dans les studios’’.  Il est donc tout naturel que les stations régionales de Kabylie (Radio Soummam à Béjaïa,  Radio Bouira et Radio Tizi-Ouzou) collent à la réalité de leurs environnements, qui les différencient, en terme linguistique –et qui dit langue dit aussi culture -, d’autres régions du pays. Au-delà donc des considérations liées aux contenus émis par ces radios de Kabylie, ces stations sont, d’emblée, un acquis participant à la réhabilitation de la culture berbère, génériquement et Kabyle tout particulièrement. Ouverte il y a maintenant plus de dix ans, radio Soummam, la doyenne, a tout de suite,   focalisé non seulement l’intérêt des auditeurs de Béjaïa, mais elle a aussi  ‘’capté’’ des kabyles implantés à un rayon de 200 kms de la station. Cette unanimité ne durera cependant que le temps de se rassasier de ‘’taqbaylit’’. L’auditeur, et c’est tant mieux, se concentrera sur le contenu que véhicule ‘’Taqbaylit’’.  La langue devient, tant mieux, un moyen de communication qui informe le citoyen sur sa proximité  souligne ses préoccupations et ‘’l’intègre’’ sans heurts et sans le dépersonnaliser dans un ‘’ensemble  nation’’ façonné par la diversité. Cet ‘’ensemble nation’’ est magnifiquement mis en relief par la radio de Bouira qui émet. Parce que la population, estimée à plus de 700 000 habitants, est, du point de vue linguistique, hétéroclite, la station fonctionne avec les deux langues : le kabyle et l’arabe. Ce qui permet à un citoyen de Takerboust, ou de celui de Souk El Khemis, d’être informé de la même manière sur, notamment, les mouvements incessants de son wali. « Pourquoi vous ne parlez pas seulement en kabyle ?»,  interrogeait, en direct, un auditeur, les premières semaines du lancement de la radio. Cette interrogation, qui du reste est compréhensible, est en fait justifiée par la frustration d’avoir été jusque-là un citoyen négligé. Cela étant, et pour peu que la jeune radio soit pertinente et ne parle que dans la langue que comprennent ses auditeurs, son apport au développement local ne peut être qu’important. 

En plus de ce travail de proximité et de rapprochement avec le citoyen et sa réalité ces radios de Kabylie participent, au sens Saussurien, d’une manière implicite à un ‘’travail sur la langue’’. 

Le kabyle qui passe de l’oralité à l’Ecrit et qui grâce à la création romanesque est en train de passer à l’Ecriture, aborde aussi dans les studios le texte journalistique, une autre écriture inconnu de Belaid At Ali.                  

S.O.A 

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