M'Kira : école primaire Mokrani Mohamed – La cantine fermée

La décision de fermer la cantine primaire de l’école « Mokrani Mohamed », de Tighilt Bougueni (chef-lieu), a été prise suite au manque de personnel. Ainsi, les cent quatre vingt élèves qui y étudient sont privés de repas et doivent se restaurer, quotidiennement, chez eux ou se contenter de repas froid généralement nuisibles à leur santé surtout en cette période hivernale. Car, la seule cuisinière qui y travaille ne peut plus être au four et au moulin au même temps. Elle ne peut plus assurer, toute seule, les différentes tâches. « Nous l’aidions toujours, mais nous ne pouvons pas continuer nous aussi à enseigner et à participer au fonctionnement de la cantine », nous confiera une enseignante. « Il lui faudra du personnel. On ne peut quand même pas faire fonctionner une cantine qui fait bénéficier cent quatre vingt élèves avec une seule cuisinière ! » poursuivra une autre enseignante. Il faut signaler que le directeur n’a pas ménagé ses efforts pour la doter en personnel, mais en vain. Selon une source proche des parents d’élèves, l’APC a recensé le personnel en surnombre dans les autres établissements, mais ceux qui y sont affectés, d’ailleurs recrutés dans le cadre du filet social, ne veulent pas rejoindre ces postes. Ainsi, le directeur et les parents d’élèves agissent ensemble afin de trouver une solution à cette situation pénible que traverse cet établissement. Les directeurs des écoles primaires, approchés au sujet des cantines primaires gérées par les APC, voient que la seule solution est de les mettre sous la responsabilité de la direction de l’éducation. « Nous sommes toujours confrontés à ce genre de problème. Je vous dis sincèrement, si ce n’est pas pour les élèves aucune d’entre elles ne pourra fonctionner. Dans certains établissements, même les directeurs deviennent agents dans les cantines quand ils se trouvent face à ce genre de situation. L’idéal est que ces cantines soient prises en charge par l’académie tout comme les lycées et les collèges. A ce niveau, le personnel est déterminé dans la carte scolaire de chaque établissement. Par contre, au cycle primaire, c’est la débrouille et, ces derniers temps, tous les recrutements se font dans le cadre du filet social », a souligné un  directeur d’une école primaire de cette commune. Et de s’interroger : « Comment voulez-vous qu’un jeune recruté dans ce dispositif accomplisse la tâche de cuisinier avec trois mille dinars ? ».

Amar Ouramdane