A l’initiative du CDDH (Centre de défense des droits de l’Homme) de Béjaïa, les représentants d’une quinzaine d’associations, activant dans différents domaines, se sont réunis, dans la matinée d’hier, au siège du centre. L’objectif était d’échanger des idées, faire un état des lieux de leurs situations respectives, mais également et surtout de débattre de la loi 12/06 qui régit les activités des associations et qui est entrée en application depuis le 14 janvier dernier. Said Salhi, premier responsable du CDDH, déclarera d’emblée que sur les quelques 5000 associations qui existent dans la wilaya de Béjaïa, seules 1000 sont en conformité avec la loi 12/06. Les autres, c’est-à-dire 4000, sont donc dissoutes, de fait, et n’ont plus le droit d’activer. Le responsable poursuivra sur les restrictions qu’impose cette loi à la liberté de mouvement des associations. Les représentants des associations souligneront tous qu’ils ne sont pas contre le fait que « l’Etat puisse contrôler la provenance des fonds mais qu’il ne doit pas s’ingérer dans les activités des associations et encore moins qu’il harcèle certains de leurs responsables ». En cas de dérives constatées, il appartiendrait aux représentants de l’Etat de saisir les tribunaux et non de se faire eux-mêmes justice, car ils ne peuvent pas être juge et partie à la fois, ceci d’autant plus, insistent-ils, qu’une association n’a que très peu de chance de remporter un procès face à l’Etat, vu que souvent elle n’a même pas les moyens de payer les services d’un avocat. Un participant s’est posé la question de savoir si l’Etat considère les associations comme des partenaires sociaux avec lesquels il peut traiter des questions d’intérêt général ou de simples entités soumises à sa volonté. Entre autres sujets abordés au cours de la rencontre, les participants retiennent notamment celui des démonstrations de rue dont celui les fermetures de routes qui sont légion dans la wilaya de Béjaïa qui causent des préjudices à la population et qui paralysent l’activité économique de la région. Leur souhait est que les pouvoirs publics fassent des associations un partenaire sérieux pour venir à bout de ces perturbations qui empoisonnent la vie des citoyens.
B Mouhoub
