La crise de lait en sachet, apparue depuis de nombreux mois dans la daïra de Maâtkas, perdure toujours, n’épargnant ni les chefs-lieux communaux, Souk El Khemis et Souk El Tenine, ni les villages.
En effet ce produit de large consommation a disparu, depuis plusieurs mois, des étals et se sert sous le manteau. Pour avoir deux sachets, il faut impérativement se lever très tôt et attendre le passage du camion livreur, qui n’intervient que deux ou trois fois par semaine. Les clients, rencontrés sur place sont servis en quelques minutes, quant aux retardataires, ils doivent automatiquement se rabattre sur le lait en poudre, trop cher pour les bourses modestes. Du coup, des réflexes que les citoyens croyaient bannis et dépassés ont ressurgit. Les sachets sont servis sous le manteau. Si vous n’êtes pas un client fidèle ou si le commerçant n’est pas une de vos connaissances, il est inutile de demander du lait en sachet une fois le livreur parti. Pour connaître les raisons de cette rareté qui malmène des centaines de familles, nous avons questionné certains commerçants, unanimes à répondre : « La livraison ne se fait que deux ou trois fois par semaine et nos quotas ont été revus à la baisse. La forte demande, accentuée par la cherté du lait en poudre, fait que la crise ne s’estompera pas de sitôt si la production ne s’améliore pas ». Pour leur part, les consommateurs abordés à ce sujet diront : « Il y a peut-être moins de production, mais les vraies raisons de cette pénurie sont les pratiques et les comportements malsains des commerçants qui ne vendent pas toute la livraison. Ils la stockent pour la revendre sous le manteau et, ainsi, fidéliser les clients. Il y a aussi le détournement de la poudre de lait subventionnée, qui au lieu d’être destinée à la production du lait en sachet, sert à la production des dérivés dont la marge bénéficiaire est plus importante. Les services antifraude et de régulation du marché doivent sévir et frapper fort contre les contrevenants ». Signalons que cette crise de lait touche toutes les daïras environnantes, comme Ouadhias, Boghni, Draâ El Mizan et Béni Douala. Rappelons aussi que certains commerçants s’en approvisionnent des wilayas voisines, mais que le prix de vente augmente, par conséquent de 5, voire de 10DA le sachet.
Hocine. T.

