Ces derniers jours, certains agriculteurs de la wilaya, notamment ceux de Timizart et Fréha, sont montés au créneau via l’association pour le développement de l’agriculture de la commune de Timizart (ADACT) qui a menacé de recourir à des actions de rue, en portant à la connaissance de l’opinion publique les points inscrits dans une plate-forme de revendications transmise aux différentes autorités de la wilaya et du secteur de l’agriculture.
Le directeur de l’agriculture de la wilaya, appelé à intervenir, assure, quand à lui, « de la disponibilité de la DSA à discuter de tous les problèmes ». Le directeur des services agricoles, Boussaâd Boulariah, qui nous a accueillis, hier à son bureau, nous informe qu’une réunion sera organisée dans ce sens, au courant du mois de mars prochain. Cette rencontre regroupera tous les acteurs concernés, les cadres de la DSA, la Chambre de l’agriculture, les institutions financières et les représentants de l’association ADACT, pour discuter des problèmes et tenter de trouver des solutions pour les problèmes « qui peuvent être traités localement », dira notre interlocuteur, ajoutant que certains points soulevés « relèvent du ministère ». Le directeur de l’agriculture a, à notre demande, traité point par point les principales revendications de l’association. C’est le cas du prix du litre de lait, que les éleveurs veulent porter à 60 DA. « Ce n’est pas le DSA qui décide. Cela entre dans le cadre d’une politique nationale, le prix est fixé et réglementé à l’échelle nationale », dit-il, soulignant à cet effet que le lait est vendu actuellement, au niveau des laiteries, « à une moyenne de 34 DA », et que «les agriculteurs souhaitent le porter à 60 DA ». Le directeur enchaîne par un autre point mis en avant, celui de la hausse de la prime sur le litre de lait livré elle aussi « fixée par les pouvoir publics ». Etant actuellement de « 12 DA, les éleveurs veulent la porter à 30 DA ». Ceci, ajoute-t-il, « relève du ressort des pouvoirs publics, donc on ne peut la discuter localement». Il souligne, néanmoins, que cette doléance peut « être portée par le Conseil national interprofessionnel du lait, qui transmettrait la problématique au pouvoirs publics ». Pour ce qui est de la caisse régionale de la mutualité agricole (CRMA), à propos de l’assurance du cheptel, le directeur dira : « Je m’étonne d’ailleurs du fait qu’on vienne me parler de ça, puisque la CRMA assure contre la mortalité du cheptel. Pour peu que le cheptel soit au préalable indemne, avec un agrément sanitaire de l’exploitation, assurant de l’indemnité du cheptel». Boulariah citera, aussi, le prix du son. « Le prix du son est réglementé » dira-t-il, demandant à ce que des preuves lui soient fournies, « facture à l’appui, que le quintal est cédé au delà de 1500DA ». Aussi, et pour ce qui est des coopératives agricoles, le directeur souligne que « c’est à eux de le faire, c’est une initiative des agriculteurs, ce n’est pas une institution étatique, pourvu qu’ils s’entendent entre eux. Je les ai d’ailleurs reçus et leur ai expliqué qu’ils sont les bienvenus pour être orientés dans ce sens ». L’association pour le développement de l’agriculture de la commune de Timizart (ADACT) a aussi soulevé la nécessité de mettre en place une subvention pour l’aliment de bétail. Boulariah souligne que « mis à part la subvention sur le prix du son, elle n’existe pas ». Pour les subventions pour le vaccin, le responsable souligne : « Ils ont oublié qu’il y a deux campagnes de vaccination d’intérêt national, prises en charge entièrement pas les pouvoir publics », soulignant qu’une « campagne vient justement d’être lancée ». Par ailleurs, le directeur affirme qu’ « un programme de réalisation de 200 kms de piste agricole est en phase d’étude pour être affecté à 53 communes de la wilaya, à la demande des comités des villages ». Il assure dans ce sens que « la commune Timizart est concernée par près de 4kms de piste ». Mais souligne, d’autre part, qu’«on ne peut répondre à toute la demande et toucher tout le monde». Pour le soutien de l’état pour ce qui est des engrais, il dira que celui-ci existe « à hauteur de 20% et pour sa disponibilité on a mis en place un dispositif avec un conventionnement des fournisseurs de ces produits jugés dangereux. Et l’agriculteur qui en a besoins doit d’abord justifier sa qualité d’agriculteur, présenter une fiche signalétique de son exploitation, pour savoir ce qu’il a et ce qu’il veut avoir comme engrais, et à la période qu’il faut. On lui fournit, par la suite, une autorisation pour s’approvisionner ». Tout ceci, souligne le premier responsable du secteur à Tizi-Ouzou, « pour éviter qu’on garde en stock tout produits dit dangereux au niveau de ces exploitations ». Au final le directeur des services agricoles de la wilaya affirme que la DSA « demeure à l’écoute de l’agriculteur ». Assurant que « les portes de la direction leur sont ouvertes et que les services de l’agriculture sont là pour expliquer est informer les agriculteurs qui n’ont pas l’information et les accompagner », notre interlocuteur dira, néanmoins, qu’un certains nombre de problèmes peuvent trouver leur solution suite à une organisation, notamment à travers les conseils nationaux. « Pour le lait, il y a le conseil interprofessionnel du lait, le conseil de wilaya et le conseil régional ».
T. Ch.
