La salle de conférences de la maison de jeunes Youcef Oukaci, sise à Souk El Hed, chef-lieu communal de Timizart dans la daïra d’Ouaguenoun, s’est avérée trop exiguë pour contenir les 600 à 700 fellahs ayant répondu à l’appel de l’Association pour le développement de l’agriculture de la commune de Timizart (ADACT), hier. Il y avait également dans la salle des agriculteurs de Tizi Rached, Ain El Hammam, Mekla et même de Boumerdès. L’ADACT, initiatrice de cette rencontre, visiblement non satisfaite des réponses données à ses doléances par le DSA, n’a pas fait dans la dentelle, puisque, d’emblée, après un bref rappel du parcours de l’association, depuis se création à ce jour, son président, Mouloud Amyas, a brossé un état des lieux du secteur agricole de la wilaya, disant que « les agriculteurs travaillent à perte, tant les frais de production dépassent, et de loin, les prix de vente », et à ce titre, ajoutera-t-il, « la situation urge, car c’est notre survie en tant qu’agriculteurs qui est en jeu ». Il déclarera aussi que « le secteur sera totalement à l’arrêt si des solutions d’urgence ne sont pas trouvées par les pouvoirs publics ». Abondant dans le même sens, le trésorier de l’association, Ouacif Djafaf, après avoir fait lecture des doléances qui avaient été transmises aux responsable du secteur, dira en substance que l’agriculture dans la région et dans la wilaya est « plus que jamais menacée de disparition ». De son côté Rabah Ouguemat, secrétaire de l’Association, a tenu à exhorter les nombreux fellahs présents, membres ou non de l’association, à « plus de solidarité et d’union », mais aussi à l’action pour « pouvoir arracher nos droits auprès des autorités régulatrices du secteur ». Devant une salle chauffée à blanc, les intervenants se sont succédés pour apporter des éclaircissements sur la situation « délétère » que vit l’agriculture au niveau de la wilaya, dans toutes ses branches, à savoir l’élevage, l’apiculture, l’oléiculture et les cultures maraîchères. Tous ont mis en exergue « le peu d’empressement que montre la subdivision agricole à solutionner nos problèmes », sans manquer de dénoncer « les moult aberrations dans la gestion, notamment du problème des remboursements et des assurances aux maladies contagieuse par la CRMA». Le président de l’APC de Timizart, présent sur les lieux, dira comprendre le souci des agriculteurs de sa commune et se désole du fait que certains de leurs doléances « dépassent mes prérogatives en tant que maire ». Il insiste, cependant, sur « la nécessité de doter la commune d’une antenne de la subdivision agricole ainsi que d’ouverture de pistes agricoles ». Il ajoutera que ce qui pourrait être fait par son assemblée aux profits des fellahs sera fait, mais « je souhaiterais que les protestataires s’organisent par filière, pour mieux cibler avec eux la nature des problèmes et la meilleure façon de la solutionner ». D’autres fellahs nous ont parlé de leur détresse et de leurs craintes de voir leur profession mourir à petit feu, dans l’indifférence de tout le monde. Pourtant, la région de Timizart peut se targuer d’être à vocation agricole. On se demande, comme nous le dira un membre de l’association l’ADACT, « pourquoi on ne voit pas se développer dans le région une industrie agroalimentaire qui ira de pair avec le secteur agricole ? ». Afin d’obtenir gain de cause et de se faire entendre par les autorités, plusieurs actions sont envisagées par les fellahs présents à cette assemblée. C’est ainsi qu’une opération « deux jours sans lait » est programmée pour les journées du 10 et 11 mars. Les modalités de cette grève du lait et son déroulement seront arrêtés par les membres du bureau qui se réunira dans la soirée. Les fellahs de la région, mais aussi d’autres localités de la wilaya, seront informés par voies d’affichage et de presse. Notons que les délégations des autres régions, présentes à l’assemblée, ont toutes apporté leur soutien à leurs confrères de la région de Timizart.
Ait Slimane Amazigh
