Les candidats se précisent

Partager

C’est donc demain à minuit que nous saurons, avec exactitude, les noms de tous ceux qui ont fait acte de candidature dans le dessein, s’ils seraient élus, d’accéder à la magistrature suprême et de gérer le destin du pays. Ils seraient, à n’en pas douter, nombreux à avoir peaufiner leurs programmes de campagne, à avoir tisser des alliances et de s’être acquittés de l’obligation de parrainage, portée par 600 signatures d’élus ou 60 000 signatures de citoyens recueillis à travers au moins 25 wilayas, à déposer au Conseil Constitutionnel, à l’heure dite, leur dossier de postulant à la présidence de la République. A partir de là et au regard des dispositions des articles 138 et 140 (alinéas 1 et 2) de la loi organique portant régime électoral, le Conseil statuera sur la validité des dossiers de candidatures déposés, au plus tard dans un délai de 10 jours après l’expiration du délai des 45 jours suivant la date de la convocation du corps électoral, prévu dans l’article 138. Il est attendu, toutefois, que les candidats qui auront le quitus de Conseil Constitutionnel pour se présenter aux élections ne seront, évidemment, pas aussi nombreux que ceux qui ont postulé. Les écueils de parrainage, de nationalité… etc, vont certainement pousser certains candidats vers la sortie. Il n’en demeure pas moins que parmi tous les postulants, il y a les grosses cylindrées, qui vont passer à travers le filtre de la loi électorale sans coup férir. D’autres pourraient passer l’obstacle, c’est toujours ça de gagner, mais auront fort à faire pour renverser la tendance en leur faveur. Et forcément, les candidats folkloriques, ceux qui promettent monts et merveilles, des châteaux en Espagne et tutti quanti, sans tenir compte ni de la réalité implacable du pays, ni celle de la conjoncture internationale qui implique de toutes les façons des propositions fortes et réalistes… Pour les grosses cylindrées, on entrevoit, Bouteflika, dont le directoire de campagne est non seulement stable, le même depuis le deuxième mandat, mais de plus il est formé de cadres aguerris qui sauront convaincre les plus réticents le moment venu. Ensuite, vient Ali Benflis, celui-ci semble avoir tirer les leçons de son précèdent échec d’avril 2004, pour se munir d’un vrai plan de bataille en vue de cette échéance-ci. Il affûte ses armes, sonne le rassemblement de ses troupes, et attend, dans une vingtaine de jours, le début de la campagne électorale, pour ordonner la charge. Le second, en l’occurrence Benbitour, semble s’emmêler les pinceaux, en tenant un discours de pré campagne à géométrie variable. Disant une chose et son contraire, en fonction de l’auditoire. Il est apparu à l’opinion comme un homme déconnecté des réalités politiques du pays. Il appelle à un point de presse pour aujourd’hui pour dire quoi ? Les observateurs de cette échéance y entrevoient son retrait de la course. Moussa Touati du FNA, parait, pour sa part, dans le costume qui lui sied le mieux, celui du polémiste impénitent. Il a été le premier candidat à déposer son dossier de candidature et à crier, à qui veut bien l’entendre, qu’il serait le vigile patenté de ces prochaines élections. Il a été suivi par Abdelaziz Belaid, président du Front El Moustakbal. Louiza Hanoun, semble, jusque-là observer une certaine éthique. Tout le long du processus de dépôt de candidature qui s’est achevée hier, elle n’a pas fait le moindre bruit. Elle, au moins, a su, en politicienne éprouvée, garder de la retenue. Chaque chose en son temps ! Il y a aussi la candidature de Abdelkader Cheddad, indépendant, lequel, selon un communiqué parvenu à notre rédaction, proclame avoir satisfait toutes les conditions constitutionnelles pour annoncer le dépôt de son dossier, aujourd’hui, et appelle, le même jour, à une conférence de presse. Le reste des candidats qui attendent de faire le plein de signatures, bien qu’ils proclament, les uns et les autres, avoir atteint les 50 000 signatures, comme c’est le cas de Rachid Nekkaz, risquent fort de ne pas avoir le compte de signatures et se retirer en invoquant, pour certains, les prétextes les plus farfelus. Pour le moment, l’opinion nationale a enregistré le retrait de la compétition de Sofiane Djillali, Mohamed Mouleshoul, Kamel Benkoussa, et la liste, visiblement, est loin d’être close.

Sadek A.H.

Partager