Le chef-lieu de la daïra de M’Chedallah a été pour la deuxième journée consécutive, le théâtre d’un important rassemblement de citoyens de Saharidj qui maintiennent leur mouvement de protestation, déclenché depuis une dizaine de jours. Les citoyens, qui ne décolèrent pas à cause de ce qu’ils qualifient de mépris que les pouvoirs publics affichent à leur égard, ont commencé par la fermeture du siège de la daïra, tôt le matin d’avant-hier, après l’avoir vidé des fonctionnaires et étalé sur le portail une banderole sur laquelle on peut lire : «Win k-ihesben d chwit, hseb-it d ulach» (celui qui te considère petit, considère-le comme rien). Par la suite, un véritable état de siège a eu lieu autour de cette institution. Une foule de protestataires fort agitée était entouré par des services de sécurité. Au milieu de la foule, des citoyens brandissaient des slogans hostiles au chef de daïra dont ils demandent le départ. Une première tentative de disperser la foule entamée par les services de sécurité ne fera que monter la tension de plusieurs crans. L’affrontement a été évité de justesse, à plusieurs reprises, grâce à l’intervention de quelques sages qui s’interposèrent et réussirent, tant bien que mal, à calmer la foule très agitée. Les mêmes sages, pour créer une diversion et faire patienter les citoyens qui réclament le wali, après avoir refusé tout contact avec le chef de daïra, se portèrent volontaires pour aller porter ce message de vive voix au premier magistrat de la wilaya. Malheureusement, ce dernier n’était pas disponible. Ils ont été reçus par le chef du protocole qui leur fixa rendez-vous pour dimanche prochain. Selon ce responsable, le wali serait occupé avec les préparatifs des festivités de la célébration du 08 mars, journée de la femme. Information qui a été confirmée par le président de l’APW qui les a reçus dans son bureau et auquel un compte rendu détaillé de la situation a été fait par les sage, tout en soulignant qu’elle pourrait dégénérer à tout moment. Le P/APW s’engagera, à son tour, d’en faire part au wali durant l’après-midi même. La foule ne s’est dispersée qu’en fin de l’après-midi en donnant un nouvel ultimatum jusqu’au lundi. La population exige la venue du wali, faute de quoi elle durcira ce mouvement de protestation, allant même jusqu’à la fermeture du siège de la wilaya. Rencontré dans l’après-midi de la même journée, le maire intérimaire de Saharidj, quant à lui, dira qu’une réunion d’urgence s’est tenue avec le chef de daïra qui a convoqué l’ensemble des services techniques de cette subdivision pour arrêter un plan d’urgence à mettre en exécution pour répondre aux doléances légitimes des citoyens. Le maire nous apprendra également que «le procès verbal de cette réunion, durant laquelle ont été cochées toutes les contraintes recensées au niveau de la commune de Saharidj, étaient remis, le jour même, par le chef de daïra au wali». Par ailleurs, on a appris qu’une commission d’hygiène sera dépêchée au niveau de la source noire (EL Aïnser Averkane) pour effectuer des prélèvements et juger la qualité d’eau que les citoyens disent polluée. Dans l’optique de répondre favorablement aux doléances des citoyens, un avis a été affiché aux quatre coins du chef-lieu communal pour les informer que « l’ADE est sommée d’arrêter l’installation des compteurs d’eau». Il est aussi indiqué que «l’APC continuerait à gérer l’AEP». Enfin, il est aussi question de l’accélération de l’opération de rénovation du réseau de distribution d’eau potable lancée depuis une année. Dans le même avis, il est mentionné que la commune a bénéficié pour l’exercice 2014, d’une enveloppe financière de l’ordre de 06 milliards de centimes dans le cadre du plan communal de développement (PCD) et que la mise en œuvre du programme interviendra dans un délai ne dépassant pas 02 mois. Il est aussi stipulé dans le même document que «l’étude de l’opération de l’aménagement urbain du chef-lieu communal est menée à terme». Les travaux de ce projet démarreront prochainement.
Oulaid Soualah
