La journée internationale de la femme qui coïncide avec le 8 mars est une occasion pour des artisanes, venues des différentes localités de la wilaya de Tizi-Ouzou, d’exposer leurs produits qui célèbrent le savoir-faire de la femme kabyle.
C’est également une occasion de les vendre. Nous nous sommes rapprochés de certaines d’entre elles, à la maison de la culture de Tizi-Ouzou. Elles nous ont fait par de leurs préoccupations et des difficultés qu’elles rencontrent dans l’exercice de leurs métiers. Malha Koulali, de Larbaâ Nath Irathen, une jeune artisane qui fait de la couture et de la broderie berbère nous confiera : « C’est une sœur blanche qui nous a appris à faire de la broderie, sœur Elizabeth qui est toujours là d’ailleurs. Elle enseigne toujours la broderie et la couture aux jeunes filles de Larbaa Nath Iraten. J’ai travaillé pendant quatorze années avec elle, au centre de formation. 30 autres artisanes y travaillent également, en plus des stagiaires. Je me suis mise à mon compte depuis trois années, j ai fait plus d’une vingtaine d’expositions dans les quatre coins du pays et je souhaite avoir enfin mon propre atelier. Je fais des nappes, des couvres lits, des coussins, des napperons, des burnous, des écharpes, des robes, des kachabia… ». Elle nous dira également les difficultés qui émaillent son quotidien : « la difficulté majeure que je rencontre dans cette profession, c’est la cherté des produits… ». Une autre artisane de Ouadhias, Fazia Olimar, nous confiera que c’est sa deuxième participation à une exposition, elle profitera également de cette occasion pour parler des problèmes qu’elle rencontre : « c’est la cherté de la matière première, notamment les dentelles en soie, qui nous pose problème. Il y a également un manque de mains d’œuvre, les ouvrières se font rares. La plupart d’entre elles se sont mises à leur compte… ». Une autre exposante, Khadidja Zoubir, originaire d’Ath Ouacif, qui fait également de la broderie berbère, sur les burnous de mariées, ceux de circoncision, et sur des chaussures, ajoutera : « Dans ma famille, nous sommes couturières de mère en fille, mais en ce qui concerne la broderie berbère, je m’y suis mise depuis dix ans. Avant, je vendais mes produits aux propriétaires de magasins se trouvant dans l’enceinte de la maison de l’artisanat de Tizi-Ouzou, mais depuis cinq mois, j’y bénéficie de mon propre local, après des années d’attentes. J’ai participé à de nombreuses expositions avec la chambre des métiers et la direction de la culture mais jamais hors wilaya, car pour l’instant j’ai des enfants en bas âges. La cherté des matières premières et le manque de tissu dit métisse sur le marché sont les plus grandes difficultés que je rencontre». Une artisane bijoutière, Talbi Yasmina, nous racontera elle ses débuts et nous fera part de ses difficultés : « J ai arrêté les études très tôt et comme je voulais absolument apprendre un métier, mon choix s’est porté sur la bijouterie. J’ai entendu parler d’un atelier tenu par la famille Oukali, originaire d’Ath Yenni, bijoutiers depuis plusieurs générations, alors je m’y suis rendu et c’est là que j ai fait mon stage. Maintenant, je crée mes propres bijoux dans mon atelier, chez moi à la maison. C’est ma première participation à une exposition. Pour ce qui est des difficultés, c’est surtout le manque et la cherté de la matière première, notamment l’argent et le corail qui nous posent le plus de problèmes… ».
Karima Talis

