Malgré la modernisation du service de l’état civil au niveau de l’APC de Tizi-Ouzou, notamment avec l’opération informatisation, et les instructions données par les pouvoirs publics pour l’amélioration des prestations dues à un service public, maintes insuffisances y sont toujours constatées. En effet, plusieurs tares ont été relevées, sur place, lors d’une virée que nous avons effectuée au niveau de ce service, durant la journée d’hier. Le premier constat que nous avons fait est l’anarchie qui règne toujours devant les guichets de l’état civil. Les citoyens rencontrés se plaignent de différents problèmes rencontrés pour se faire délivrer un document, notamment pour ce qui est de la lenteur d’établissement dudit document, ainsi que le comportement de certains employés, que la plupart qualifient de « désagréable et hautain ». Ainsi, pour se faire délivrer un document, selon des témoignages, il faut parfois attendre plusieurs heures, voir toute la matinée. Sur les lieux, les citoyens forment de longues files d’attente devant les douze guichets, où, paradoxalement, seuls deux employés assuraient le service. Interrogés, des citoyens, qui attendaient leur tour, diront qu’ils ne savent même pas auprès de qui se renseigner. « Il faut prendre un ticket, chez l’agent à l’entrée, puis venir attendre ici. En ce qui me concerne, j’attends depuis plus d’une heure. Le tableau électronique n’a pas changé de chiffre depuis mon arrivé », relatera un citoyen, ajoutant : « De plus, il n’y a que deux agents qui délivrent les documents ». Pour sa part, un agent interrogé au sujet des citoyens qui attendaient devant les guichets, expliquera que « pour une question d’organisation et, surtout, pour qu’il n’y est pas de problème, la matinée, moment durant lequel nous enregistrons une énorme pression, les citoyens passent en fonction de leur numéro de ticket. Par contre, l’après-midi, quand nous enregistrons moins de monde, les gens passent directement aux guichets, sans tickets ni autre », a-t-il dit, en ajoutant : « Comme vous voyez, le service du document S12 est quasiment vide l’après-midi. De plus, avec les nouvelles facilitations, les gens sont souvent satisfaits du service. Car ils se voient remettre leur document le jour même. Ils passent au guichet, demandent leur document S12, puis ils se mettent de côté pour attendre la remise dudit document. Car tout se fait sur place ». Par ailleurs, un citoyen rencontré dans le hall dudit service, dira : « J’ai demandé à voir le chef de service de l’état civil depuis un bon moment, mais en vain… Il est inaccessible aux citoyens. A chaque fois, l’agent ressort pour nous dire qu’il ne peut nous recevoir pour différentes raisons ». Un autre citoyen ajoutera : « Pour ma part, je tiens à signaler le comportement de certains employés qui reçoivent mal les gens ». Un sexagénaire, pour sa part, regrettera : « Je ne sais quoi dire. Je suis venu pour qu’on me délivre un extrait de naissance en français. A ma surprise, lorsque j’ai demandé à l’agent du guichet de m’expliquer un détail sur ledit document, il m’a répondu de façon désagréable. Cela me choque de voir comment ils traitent des personnes de mon âge ». Sur ce sujet, devant le guichet de délivrance des extraits de naissance en langue française, une dame, qui voulait se renseigner auprès d’une employée du même guichet, s’est vue crier dessus par cette employée qui la sommait d’aller se renseigner auprès d’un autre guichet. Choquée, la dame a repris ses documents et s’est dirigée vers un agent de sécurité pour se plaindre de ce comportement. Mais l’agent en question lui fera comprendre qu’il ne peut rien lui faire et l’orienta vers un autre guichet. Par la suite, voulant nous renseigner sur le guichet mis en place pour les citoyens des autres wilayas, l’agent d’accueil nous remis un ticket et nous demanda de nous présenter devant n’importe quel guichet pour avoir les renseignements voulu pour le document demandé. A ce moment là il était 10h30, le tableau électronique affichait le chiffre 270 et notre ticket portait le numéro 375. Plus d’une demi-heure plus tard, le tableau affichait toujours le même chiffre, et au niveau des guichets, il n’y avait personne auprès de qui se renseigner. Le seul guichet qui fonctionnait était celui de la délivrance des S12. Désirant rencontrer le chef de service de l’état civil, pour des explications, nous avons demandé à un agent de l’informer que des journalistes voulaient le rencontrer. Mais en vain. Le chef de service est sorti au seuil de la porte et nous dira qu’il ne peut nous dire quoi que ce soit sans autorisation du P/APC, que nous n’avons pas pu joindre également. Outre tous ces inconvénients auxquels font face les citoyens, quotidiennement, certains d’entres eux ont également soulevé le problème de l’exiguïté des locaux aménagés en bureaux pour la délivrance de différents document.
Samira Bouabdellah
