Fréha : La commune n’arrive toujours pas à sortir la tête de l’eau – Peut mieux faire !

La ville de Fréha, située à 31 kilomètres à l’Est de la ville de Tizi-Ouzou, à 7 kilomètres à l’ouest d’Azazga et à 32 kilomètres de la ville côtière d’Azeffoun, est un passage obligé pour toute personne qui emprunte le CW174 et la RN71.

D’où que l’on vient, la jonction par Fréha, pour rejoindre les villes côtières d’Azeffoun, les communes d’Iflissen ou de Timizart, est une nécessité. De par sa position, cette ville qui est le chef-lieu de la commune du même nom et qui regroupe pas moins de 23 villages, dont les plus importants sont Azrou, Taguersift, Guendoul, Imzizou, Nezla, Kahra et Tala Tegana, occupe une place stratégique ce qui lui confère des atouts réels pour un essor économique exponentiel et durable. En effet et au vu du nombre important de gens qui transitent par la ville, le commerce y est florissant et la demande importante. Géographiquement, grâce notamment à son relief peu accidenté cette ville est en principe vouée à un développement sans frein et son expansion rapide et fulgurante est prévisible. Mais, malheureusement, il n’en est rien. A part le grand boom des années 80 qui a vu la ville étendre ses tentacules tous azimuts, un ralentissement certain dans cette progression est constaté depuis les années 90. Aussi, à part les quelques superettes qui ont ouverts leurs portes, récemment, donnant l’illusion d’une activité économique florissante et les nombreux commerçants de toutes sortes qui ont pignon sur les différentes ruelles des villes, aucune autre commodité n’est offerte aux habitants de la ville ni à ses visiteurs. En fait, on s’ennuie dans la ville de Fréha et pour cause, aucune salle de spectacles, aucun centre culturel, aucune aire de jeu et aucun lieu de distraction ne sont disponibles. Pour tout visiteur, une fois le tour de la ville fait, le constat est sans appel : rien ne retient et rien n’attire dans la ville. Le désespoir est encore plus grand à l’approche de la nuit, tant l’éclairage public laisse à désirer. En effet, pour une ville de cette importance, on ne comprend pas pourquoi la majorité des ruelles sont livrées à la pénombre, parfois même à l’obscurité. « La ville mérite mieux. En dehors des nombreux cybercafés, la ville n’offre rien à nos jeunes. Pourtant on aurait aimé voir s’ériger en son sein un centre culturel digne de ce nom, on aurait aimé voir notre ville se doter d’une salle de spectacles, d’une bibliothèque,  d’infrastructures sportives. On aurait aimé voir se développer dans la ville une vie culturelle digne de sa réputation. Hélas, il n’y est rien de tout cela », nous dira un habitant désabusé. Le même désenchantement est perçu chez bon nombre de jeunes que nous avons accosté. L’un d’eux nous dira avec une pointe d’amertume : « Nous sommes réduits à longer les rues à longueur de journée. Notre seul souci est de tuer notre temps dans des cafés. Certes, un centre de formation, avec une architecture osée, vient d’être ouvert, mais est-ce suffisant pour conférer à la ville un quelconque prestige ? On s’en doute bien. Ce que nous souhaitons est un réaménagement total des priorités. Il est temps que les autorités locales se penchent sur le volet de la jeunesse en investissant dans les créneaux de la culture et des loisirs ». Face à cette soif de vivre de cette jeunesse, qui pour le moment se morfond dans la passivité et la désoccupation, les citoyens de la commune rêvent d’un avenir meilleur pour leur ville. Il  suffit pour cela d’une nouvelle vision des choses et d’un réaménagement du territoire par les élus locaux afin de propulser la ville vers un autre statut que celui de transit qu’elle traîne depuis des années, au grand dam de ses habitants.

Ait Slimane Amazigh