Il dit que le changement est incarné par le PT – Taâzibt charge Benflis

Un responsable du Parti des Travailleurs, le député Ramdane Taâzibt, s’en est pris, hier, au candidat Ali Benflis, l’accusant d’«avoir restreint la liberté de manifester en 2001». Il s’est également attaqué au Mouvement ‘’Barakat’’ qu’il a qualifié de «Mouvement des contradictions». Invité par la radio Chaîne III, pour parler au nom de la candidate de son parti, M. Taâzibt n’est pas allé par trente-six chemins pour fustiger l’ancien chef du gouvernement : «Le changement est incarné par le parti des Travailleurs et non pas par un enfant du système», faisant allusion au candidat Benflis, qualifiant ses déclarations électoralistes. Le député n’a pas du tout été tendre envers «celui que les médias veulent imposer comme le sérieux concurrent à l’autre candidat», Bouteflika en l’occurrence, que le député n’a toutefois pas nommé. Avant de clarifier la position de son parti vis-à-vis de ce pseudo tandem créer, selon lui, par les médias : «Au PT, nous refusons la bipolarité des candidatures». Taâzibt accusera Benflis d’avoir été à l’origine des restrictions des libertés de manifester, au lendemain de la marche des Kabyles vers Alger, le 14 juin 2001 : «Il dénonce les fraudes aux élections, alors qu’il était l’artisan de la fraude en 2002. Il parle des libertés, alors qu’il a interdit les marches à Alger lorsqu’il était chef du gouvernement». L’invité de la Chaîne III s’attaquera également aux propositions du candidat Benflis sur le plan économique. Des propositions que le député du PT assimile à un asservissement de la main d’œuvre algérienne aux firmes étrangères : «Certains candidats font des promesses à l’extérieur», dira-t-il, avant de parler clairement de l’ancien chef du gouvernement : «Un en particulier prétend incarner le changement. Il a été chef du gouvernement et ministre. Aujourd’hui, il donne des garanties aux multinationales pour remettre en question la règle du 51/49, et aux investisseurs étrangers pour modifier le Code du travail et rendre le travailleur algérien corvéable à merci». Même dans sa position vis-à-vis du mouvement «Barakat», Taâzibt déclare, avec force et conviction, que «ce Mouvement qui soutient Ali Benflis, tout en déniant le droit à un citoyen de se porter candidat (…), veut nous faire croire que nous allons faire du neuf avec du vieux» ! «Des forces politiques à l’intérieur du pays, s’agitent soit à travers des communiqués, soit à travers des manifestations, alors qu’ils ne sont qu’une petite minorité», dira Ramdane Taâzibt, traitant le mouvement «Barakat», sans ambages, de «Mouvement des contradictions». Ainsi, pour ce député de Tizi-Ouzou, membre de la direction du PT, «dans le Mouvement Barakat, il y a une flagrante contradiction». Et d’expliquer : «Il est constitué de personnes qui soutiennent un candidat qui n’est autre que l’ancien chef du gouvernement et ils prétendent que nous allons faire du neuf avec du vieux, tout en appelant à une transition, en appelant à l’intervention de l’armée pour l’arrêt du processus électoral !». Mettant un brin de dérision dans ses propos, M. Taâzibt, qui croit en son analyse comme en une lapalissade impossible à contredire, lâchera : «Le hic, c’est qu’ils manifestent contre le 4e mandat, mais ils soutiennent un autre candidat», dans une pic adressée aux animateurs du Mouvement «Barakat». Pour lui, les manifestations de celui-ci expriment «en réalité un affolement, et font feu de tout bois afin de créer toutes les conditions qui mèneraient à l’instabilité dans notre pays». «Nous sommes franchement contre la revendication antidémocratique qui appelle à l’arrêt du processus électoral ou à demander une période de transition. Nous savons où pourrait mener cette transition réclamée à l’égyptienne. C’est une transition vers le chaos», a averti le porte-parole de la candidate du PT, Louisa Hanoune. Celui-ci a réitéré la manière avec laquelle sera menée la campagne électorale en faveur de la candidate de son parti, telle que celle-ci l’avait déjà déclaré : «Nous allons mener la campagne avec acharnement, pour mobiliser le peuple algérien sur les dangers qui guettent notre pays», a-t-il soutenu.

M. A. T