Le député du Front des forces socialistes, Mostefa Bouchachi, a démissionné hier, de l’APN. Il a remis son mandat dans une longue lettre adressée au président de l’Assemblée, Larbi Ould-Khelifa. L’ancien président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme, LADDH, a motivé sa démission par un ensemble de remarques et reproches, quand au fonctionnement de l’institution élue qu’il accuse d’être en contradiction avec son règlement intérieur et les dispositions de la loi Fondamentale. «Je ne m’étais pas nourris d’illusions, lorsque j’ai participé aux élections législatives de mai 2012. J’appartenais à un parti qui ne possède pas de majorité», a écris l’avocat au président de l’APN. Et d’expliquer : «J’étais, néanmoins, rassuré que, si nous n’arrivions pas à faire passer nos propositions, nous serions en mesure de leur garantir un débat au sein de l’Assemblée, et faire de cette institution une tribune pour faire entendre la voix du peuple». Pour expliquer les raisons de sa démission, Mostafa Bouchachi énumère les raisons en sept points. L’avocat n’a pas pu admettre, entre autre, que «les représentants des ministères participent aux débats des commissions», car cela est « en porte-à-faux avec le règlement intérieur et la loi organique fixant l’organisation et le fonctionnement des deux chambres du Parlement, ainsi que les relations fonctionnelles entre les chambres du parlement et le gouvernement». Bouchachi regrette, dans ce passage, le fait que le président de l’APN n’ait pas daigné répondre à l’interpellation écrite du groupe parlementaire du FFS sur « ces dépassements». Au point numéro 4, des «griefs» que l’avocat a porté à l’encontre de l’institution élue ; il regrette également que «les demandes de constitution de commissions d’enquêtes» sur certaines affaires soient restées sans suite. Et de relever, plus loin, le fait que l’APN ne remplisse pas convenablement sa mission de contrôle de l’argent public, notamment celle concernant les projets de loi inhérents à l’équilibre budgétaire. «Je suis député depuis plus d’un an et demi, et à l’instar de la majorité des députés, j’ignore l’existence d’ordre du jour de l’Assemblée, ainsi que ses décisions. Pis, je n’ai y eu connaissance qu’à travers les médias», a-t-il encore regretté. L’ancien président de la LADDH conclut avec une note exprimant sa désillusion à l’égard d’une Assemblée qui fonctionne en porte-à-faux avec la loi, alors qu’elle est «sensée être le porte-voix du peuple» et non pas «être entre les mains du système».
M. A. T
