Les membres du bureau communal du RCD d’Alger Centre ont annoncé avant-hier, leur ralliement au parti d’Amara Benyounès, le Mouvement populaire algérien, après avoir démissionné de leur ancienne formation politique. « Nous annonçons, officiellement, notre adhésion au Mouvement populaire algérien (MPA), ainsi que notre soutien à la candidature du président Abdelaziz Bouteflika », est-il écrit dans une déclaration parvenue, hier, à notre rédaction. Les désormais ex-militants du RCD, qui ont annoncé publiquement, lundi, leur démission du parti, ont motivé leur démarche par « les errements, qui ont atteint leur apogée » au sein de « la direction du parti (le RCD, ndlr), avec la participation, le vendredi 21 mars 2014 à la salle Harcha, à un rassemblement hétéroclite et contre nature ». En des termes très virulents à l’égard de leur formation politique de laquelle ils se démarquent, derechef, les démissionnaires qui se comptent, selon la déclaration, parmi les cadres et militants, s’en prennent à la direction du RCD qui « confond allègrement, dans toutes ses décisions et ses actions, la revendication démocratique légitime et l’activisme stérile et contre-productif ». Plus grave, les démissionnaires accusent le parti de s’être « enlisé dans les contradictions inextricables, dés lors qu’il a commencé à se tromper d’alliés et d’ennemis, plongeant les militants dans l’incompréhension et le désespoir ». Allusion est faite à la participation du RCD à ce qui est appelé « Coordination des partis et personnalités pour le boycott », regroupant, entre autres, trois leaders de formations politiques islamistes auxquels s’est associé le RCD. Une association qualifiée de « contre nature », qui a atteint son apogée lors du meeting du 21 mars à la salle Harcha Hacène, auquel ont assisté l’ancien chef du RCD, Saïd Sadi, et l’ancien numéro deux du FIS dissous, Ali Benhadj, accompagné de plusieurs fidèles militants de ce parti interdit, brocardant des pancartes sur lesquelles est écrit « le retour du FIS ». Cette scène, invraisemblable, durant plusieurs années, a choqué les cadres et militants du RCD qui disent, à travers leur déclaration, vivre cela « comme une trahison ». « Pour notre part, nous vivons cela comme une trahison : trahison des engagements pris, trahison des principes et fondements du parti, trahison des militants sincères et trahison de la mémoire des nombreux martyrs de la démocratie que déplore le RCD ». Ils soulignent dans le même document : « Nous sommes conscients de la situation de notre pays, des enjeux et des défis, et nous n’oublions pas ce qu’à coûté au peuple algérien le renouement avec la paix et la stabilité ». Une paix et une stabilité contre lesquelles les démissionnaires du RCD disent « ne pas pouvoir conforter de quelque manière que ce soit une démarche ou une stratégie qui puisse (la) mettre en péril ». C’est, sans doute, pour cela qu’ils ont opté pour le choix de rejoindre les rangs du MPA, qui s’inscrit dans la sauvegarde de la paix et de la stabilité « acquise sous les mandatures de Bouteflika », pour lequel ils apportent leur soutien durant cette campagne électorale.
M.A.T
