La générale a été présentée au début de la semaine au TNA – Moi l’orphelin subjugue le public

Les membres des cinq sections de l’organisme caritatif « Lions club Algérie », à savoir le club Citadin, Carpediem, Phoenix, Rain Bow et Blida Talira, ont présenté au début de la semaine en cours, la générale de la pièce théâtrale « Ana El-Yatim » (Moi l’orphelin), au niveau du Théâtre national d’Alger. Cette œuvre théâtrale a été écrite et mise en scène par l’un des membres du « Léo club citadin », en l’occurrence Nabila Hocine. D’une durée d’environ une trentaine de minutes, cette pièce en arabe dialectal, avec des interventions en langue française de la narratrice, a été interprétée sous l’air d’un morceau musical turc d’Emel Methlouthi, par 15 jeunes membres dudit organisme. Il est à signaler que ces jeunes n’ont jamais pris de cours de théâtre, ni pris part à un quelconque événement dans ce sens. Les amoureux du quatrième art, quant à eux, étaient, venus nombreux assister à cette représentation. Interrogée, Nabila Hocine indiquera que l’écriture du scénario lui a pris environ deux semaines. « J’ai écris cette pièce en 2 semaines, tout en imaginant la mise en scène », a-t-elle précisé en ajoutant : « Ce qui nous a motivés pour l’organisation de cet événement, c’est la tristesse constatée dans les regards de cette frange de la société lors des actions organisées au profit des orphelins. De plus, ils sont marginalisés par la société. Alors, nous nous sommes décidés de faire quelque chose de nouveau ». Selon notre interlocutrice, les conférences, les concerts et autres, c’est du déjà vu. Cela les a poussés à trouver une autre façon de faire passer leur message. Elle dira : « Une pièce théâtrale permet aux gens de mieux comprendre les faits. Mais également de les toucher, car elle offre le son, l’image et beaucoup d’émotions, notamment lorsqu’il s’agit d’un tel sujet. Aujourd’hui, le pari est réussi, nous sommes très contents. Surtout que la moitié de la salle, qui a affiché complet, était tout en larme ». Nabila Hocine affirmera que la morale et la leçon à tirer de leur représentation est qu’ « une main tendue peut changer le cours de toute une vie ». Par ailleurs, cette pièce raconte l’histoire d’un garçon nommé « Adem », né au début de la décennie noire, au sein d’une modeste famille qui l’avait tant désiré. À l’âge de 4 ans, cet enfant verra toute sa vie basculer, lorsque les terroristes ont débarqué et tué tous les présents, y compris ses parents, lors de sa fête de circoncision. Après ce drame, l’enfant, caché par son père, se retrouve seul face à un destin inconnu. Il sera, par la suite, adopté par une famille aisée, mais qui le maltraitait. Après 10 ans, et ne supportant plus les conditions dans lesquelles il vivait, Adem décide de partir en se disant que la vie dans la rue ne pouvait être pire que celle qu’il endurait. Livré à lui-même, ce jeune garçon demandait la compassion des passants dans la rue. Mais le prenant pour un voyou et un clochard, les gens l’ignoraient, voir même, l’insultaient. Un jour, dépité par cette vie, le jeune Adem décida de se prendre en main. Il a alors commencé à raconter sa vie aux passants. Ainsi, l’un d’eux, touché par l’histoire du jeune homme, décida de l’aider. A la fin de la pièce, le jeune Adem, devenu homme, se voit diplômé aimé et entouré de gens qui tiennent à lui… Nabila Hocine indiquera que l’autre message à tirer de cette pièce est qu’il ne faut jamais juger les gens, car chacun a sa propre histoire. « Je tiens également à finir en indiquant que je suis fière et reconnaissante du travail que nos membres ont effectué sachant qu’ils ne sont pas acteurs professionnels ni formés pour cela. Franchement, ils m’ont épatée », a-t-elle conclu. Notons que le prix du billet de la pièce a été fixé à 300 DA. Selon les organisateurs, la somme récoltée servira à l’organisation d’actions en faveur des orphelins de la région centre. L’événement a été clôturé par des représentations artistiques, notamment par Hakim Salhi qui a interprété son titre « Reddou lih el bal », suivi d’une chorégraphie produite par Sofiane Drici, un danseur du ballet national. Lors de ce même événement, Minou Malek, membre de l’association et également chanteur, a repris, en acoustique, un morceau intitulé « l’orphelin » de Willy Denzey.

Samira Bouabdellah