La campagne électorale, en cette seconde semaine, chausse ses crampons à Tizi-Ouzou.
Après un bien timide démarrage, durant les sept premiers jours, les directoires de campagne des candidats passent à l’action dans les villes et villages de la wilaya. Deux candidats, sont, néanmoins, carrément absent du territoire faute de structures partisanes. Passé la période d’observation, les représentants ancrés à Tizi-Ouzou, de quatre des six candidats à la présidentielle du 17 avril prochain, ont chaussé leurs crampons, depuis quelques jours, pour aller à la rencontre des électeurs confinés dans les villages. Pas moins d’une trentaine de sorties sont programmées par chacun des directoires dans l’espoir de rallier le plus possible à leur candidat. Ceci alors que deux candidats, à savoir Ali Fewzi Rebaïne et Moussa Touati, sont totalement absents de la scène locale. «Le candidat Rebaïne n’a aucun programme de campagne pour Tizi-Ouzou, faute de base militante devant mettre en place une structure politique sur place», nous a confié hier, son représentant à la CWISEP, Lakhdar Ould-Beziou. Qu’à cela ne tienne. L’offensive a été affichée par les meneurs de la campagne, pour le compte du candidat Abdelaziz Bouteflika, qui font, depuis samedi dernier, un travail de terrain remarquable. Une opération de marketing politique qui prend d’assaut les espaces d’affichage. Les actions de charme et d’appel à voter pour ce candidat se sont quintuplées depuis samedi à une cadence d’environ 7 à 11 sorties par jour, nous a confié hier, Hakim Ait-Hamadouche, membre du directoire de Tizi-Ouzou. «Ces sorties nous ont permis d’installer toutes les permanences de campagne dans l’ensemble des 67 communes de la wilaya. Comme ça nous a permis de prendre, d’abord, le baromètre sur le degré de l’intérêt que portent nos concitoyens sur l’acte de vote, ensuite, sur les intentions de vote au profit de notre candidat», nous a indiqué le directeur de campagne de Tizi-Ouzou, El-Hadi Ould-Ali.
Le PT se lève tôt et la pluie dissuade les sympathisants de Benflis !
Les premières sorties vers les électeurs de Tizi-Ouzou, prévues dimanche, par les membres du directoire du candidat Ali Benflis ont été «reportées à cause de la pluie». Le changement climatique brusque, enregistré ce dimanche les a donc dissuadé «au mauvais gré des populations ciblées ce jour-là», a laissé entendre la chargée de communication du directoire de Benflis, Mme Zahia Kaboub. Celle-ci a, néanmoins, rassuré que le meeting prévu aujourd’hui à Ain-El-Hammam sera maintenu et sera animé par les membres du directoire de wilaya. Au moins trente meetings seront organisés par ce directoire dans les principales villes de la wilaya, a encore précisé Mme Kaboub, militante invétérée du FLN ayant rejoint le directoire de Benflis. Celui-ci qui déploie des dizaines de groupes de jeunes, notamment des cités et quartiers de la ville de Tizi-Ouzou, tente de doper la concurrence avec le principal rival dans cette course à El-Mouradia. La contre offensive de ces derniers aux assauts des proches de Bouteflika dans la bataille de l’affichage se tient bon, en témoigne les centaines de posters du candidat Benflis accrochés en nombre dans des endroits bien précis. Dans les quartiers de la ville de Tizi-Ouzou, il y a comme une entente tacite de partage des espaces entre les deux meneurs. Bien que, jusqu’à présent, le partage soit concentré en Haute ville, dominée par les «Bouteflikistes» et la Nouvelle-ville où les « Benflistes » grattent des espaces et des quartiers. Le centre-ville, lui, devra les départager, dans les jours à venir, non sans s’attendre à l’irruption des partisans de Louisa Hanoune qui affûtent, d’ores et déjà leurs armes pour ce qui va paraître comme un arbitrage. Les membres du directoire de la candidate Louisa Hanoune, eux, n’ont pas attendu la deuxième semaine pour aller rencontrer les électeurs des localités de la wilaya, puisque le travail des sorties a été entamé dès le début officiel de la campagne. Mardi dernier, les militants du PT, menés par l’unique députée de la wilaya pour ce parti, ont profité du jour du marché pour aller au contact des citoyens, à Tizi-Rached. «Ils étaient très proches des gens ce jour-là munis de dépliants retraçant le programme de la candidate, les militants du PT ont sillonné tous les espaces du marché hebdomadaire», nous a raconté Ali, habitant de cette localité. Ce dernier témoigne que «les citoyens, même s’il y en a certains qui ne s’intéressent pas au vote, ont accepté d’interagir avec les représentants des candidats qui partent vers eux. » Un témoignage qui nous a été corroboré par le directeur de campagne de Louisa Hanoune, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, Youcef Berkani, qui approuve «la difficile tâche de drainer les citoyens vers leurs actions de proximité non sans évoquer le timide regain de confiance de quelques populations, selon les localités. » Le nombre de sorties prévues par ce parti frôle les 90 à travers l’ensemble du territoire de la wilaya, bien que ce programme soit «momentanément interrompu, à partir d’aujourd’hui, jusqu’à jeudi prochain, en raison de la venue de la candidate pour y animer un meeting», nous précisera M. Berkani. Si ce dernier affirme, avec une sincérité absolue, que le travail est trop dur pour rallier les citoyens aux actions de proximité durant cette campagne, il reconnaît, par ailleurs, que l’électeur de Tizi-Ouzou a besoin d’être touché en «son âme et dans son cœur» pour qu’il se mette à l’heure de la campagne. «J’avoue qu’il y a une grande différence en matière d’intérêt des citoyens entre cette élection et celle des municipales ou des législatives. La population locale a besoin d’être rassurée sur beaucoup de questions et de sujets qui les touchent directement, sinon, il n’est pas évident de les ramener à notre projet», explique-t-il encore. Néanmoins, le charme de cette campagne qui commence à se faire pousser des ailes bariolées, réside dans ce qui s’apparente à de la conquête d’espaces susceptibles d’attirer et de séduire les yeux, de captiver les cœurs. Et c’est l’optique stratégique adoptée par les directoires des candidats, surtout de ceux de Bouteflika, de Benflis et de Louisa Hanoune, en attendant l’entrée en jeu du directoire du candidat Abdelaziz Belaïd.
M. A. T

