Le droit d’avoir chaud

Dans les montagnes, comme chacun sait, l’hiver est rigoureux : la neige, la pluie et le froid sont le lot quotidien des habitants. Certes, les gens savent à quoi s’en tenir et font, chaque année, chacun dans la mesure de ses moyens, prend ses dispositions : réserves de bouteilles de gaz, bois, charbon… Mais si dans les maisons, chacun est responsable de ‘’chauffage », ce n’est pas le cas des établissements scolaires où cette tâche incombe à l’administration. Si dans certaines écoles et collèges le chauffage est effectivement assuré, dans de nombreux établissements, surtout en haute montagne, c’est-à-dire là où le froid est le plus piquant, il n’y a, d’autre température que celle qui se dégage des corps ! Ni poêle à mazout, ni résistance, ni même brasero qui mette un peu de chaleur dans les classes froides comme des réfrigérateurs ! Les maîtres comme les enfants tremblent de froid. Bien entendu, chacun est habillé chaudement, mais le vêtement, quand il fait très froid, n’empêche pas de grelotter : il faut bien enlever ses gants pour écrire ou manipuler ses affaires ! Il faut aussi enlever son chapeau et sa casquette, comme on l’a toujours appris, par respect pour le maître et l’institution scolaire… Allez travailler, dans ces conditions, allez demander des performances élevées à des enfants et à des enseignants qui ne pensent qu’à une chose : le moment où la cloche sonnera pour rentrer chez soi et se chauffer ! Si aller à l’école est un droit inaliénable pour chaque Algérien et Algérienne, avoir chaud, pour pouvoir bien travailler est un autre droit qu’il faut faire respecter dans toutes les écoles algériennes !

S. Aït Larba