Les villageois retrouvent les chemins des oliviers

Dernière ligne droite des préparatifs pour le lancement de la cueillette des olives qui, comme chaque année est fixée par les notables des villages à la deuxième quinzaine du mois de décembre qui coïncide avec la sortie en vacances scolaires d’hiver des écoliers sur lesquels beaucoup de parents ne pouvant se permettre une main d’œuvre comptent pour les aider à ramasser les productions. Les garçons pour le gaulage et les filles pour le ramassage. Un détail qui n’est pas des moindres mérite d’être signalé. Les propriétaires d’oliveraies situées sur des parcelles cultivables de céréales ne sont pas astreints à se conformer à une telle réglementation. Une dérogation leurs est accordée afin de ramasser le produit se trouvant sur ces parcelles pour ne pas dégrader les travaux des labours semailles qui démarrent généralement avant l’entame de la campagne oléicole, c’est-à -dire dès la tombée des premières pluies en quantités jugées suffisantes. De ce fait, du côté des huileries, tout semble fin prêt pour accueillir les productions. « Les nettoyages des lieux ont été opérés et les essais sur les machines étaient concluants », dira Salah, un propriétaire d’une huilerie ancienne. Les agriculteurs aussi ne sont pas en reste, ils ont bien préparé les parcelles concernées. Les alentours des arbres ont été bien débroussaillés et ceux se trouvant sur des terrains pentus sont dotés de digues pour freiner le produit et faciliter, les accès et son ramassage. A l’approche de la campagne d’autre appréhensions viennent s’y ajouter. Nonobstant la joie de ramasser une production qui leur permettra de stocker un produit du terroir, aux multiples vertus, qui sera utilisé tout au long de l’année et le surplus sera vendu pour en tirer une monnaie d’échange permettant l’acquisition d’autres produits ou laissé pour le temps des vaches maigres, c’est-à-dire les années où la production serait insuffisante. Malgré cela, la campagne oléicole fait partie d’une tradition séculaire léguée par nos ancêtres, laquelle procure des moments intenses de joie et de bonheur pour la communauté. Néanmoins, elle est souvent agrémentée d’une ambiance mi-figue mi-raisin, c’est-à-dire tantôt fébrile, tantôt festive.

L. Beddar