Site touristique ou décharge publique ?

l Malgré tout un arsenal juridique mis en place, pour une bonne protection de l’environnement et empêcher par là-même, l’émergence de problèmes liés aux pollutions, ainsi qu’aux dégradations des ressources naturelles, le non-respect des lois réglementant l’implantation des décharges et l’absence de contrôle des services concernés, a fait que des terres à vocation agricole et des sites touristiques sont transformés en décharges sauvages. La pollution provoquée par tous ces déchets, est devenue un phénomène naturel, à voir toutes ces routes bordées d’ordures et transformées au fil des jours en décharges publique illicites qu’elles soient sauvages ou surveillées. Au sein de ces dernières on retrouve toutes sortes de déchets ménagers ou industriels, ces derniers, engendrent des conséquences aussi désastreuses que celles provoquées par les rejets liquides d’eaux usées. Aïn Zebda, un site classé ZAT (zone d’activités touristiques) s’est transformé, depuis quelques temps, en une décharge au lieudit Si El Mahdi, un terrain situé à la limite des deux wilaya de Bouira et Béjaïa. L’absence de délimitations entre les domaines, communaux, forestiers et privés, a souvent soulevé des conflits parmi les indus occupants de ces terres. Ces déchets, éparpillés dans tous les sens et sans aucune clôture pour délimiter cette décharge s’étirent chaque jour un peu plus, pour atteindre aujourd’hui une longueur de 160 mètres avec une superficie avoisinant les deux hectares. Sans aucune mesure de protection antipollution ou nuisance, les risques de cette décharge sauvage sont multiples car elle constitue un danger pour la santé, l’hygiène, la sécurité, l’agriculture, les ressources naturelles, les sites touristiques. Les pollutions biologiques ou chimiques ne sont donc pas à écarter, d’où les risques des maladies à transmission hydriques (MHT). En plus de tous ces risques, l’incinération à l’air libre de ces déchets a souvent été à l’origine des multiples incendies de forêt, enregistrés chaque année sans qu’aucun projet de reboisement de cette forêt ne soit envisagé. A signaler enfin que cette décharge sauvage de Aïn Zebda, demeure une menace sérieuse pour le cimetière limitrophe, lequel, d’après certains témoignages date d’entre 1787 à 1819 et appartient au village Ighil Ouchekrid dont les habitants ne cessent de lutter pour sauvegarder ce patrimoine historique.

Achiou Lahlou