En matière de raccordement des foyers au gaz de ville, la wilaya de Bouira affiche un taux important de généralisation de cette énergie. Toutefois, certaines communes n’en ont pas encore bénéficié. C’est notamment le cas de celle d’Ath Rached, au sud-est de la wilaya, dont la population est confrontée à des situations difficiles pendant la période hivernale où même le gaz butane fait défaut. Les habitants de cette localité déshéritée, environ 10 000 âmes, répartis sur sept villages, disent qu’ils sont marginalisés. « Nous ne comprenons pas pourquoi les responsables concernés tardent encore à raccorder nos foyers au gaz de ville. Nous sommes oubliés. Au moment où plusieurs communes et villages ont bénéficié de cette énergie, nous ne voyons toujours pas le bout du tunnel », nous dira un habitant en colère. Les citoyens rencontrés ne cessent de réclamer ce projet en raison du froid glacial qui caractérise cette localité montagneuse perchée à 900 mètres d’altitude. « Ici, durant la saison hivernale, la bonbonne du gaz butane se fait désirer. Elle est souvent cédée à 500 DA, voire plus dans certains cas, notamment au niveau des villages situés au versant nord de la commune où les chutes de neiges sont plus fréquentes », témoignera un autre villageois, avant d’ajouter : « notre commune est la seule des cinq municipalités de la daïra de Bechloul qui n’est pas encore raccordée au gaz de ville ». Contacté un élu de l’APC d’Ath Rached n’a pas nié que les habitants de la localité éprouvent beaucoup de difficultés à se procurer une bonbonne de gaz en hiver faute de fournisseurs. « En été l’approvisionnement est régulièrement assuré par les fournisseurs des villages mitoyens, mais, en hiver, ils approvisionnent à peine les villages les plus proches d’eux », dira le même responsable, qui a tenu à indiquer que le projet, tant attendu par les habitants, est inscrit au niveau de la direction de l’énergie et des mines de la wilaya de Bouira. Il est à noter que l’indisponibilité des bonbonnes du gaz butane pousse les villageois à recourir au massif forestier de la commune pour se chauffer. « À défaut du gaz naturel et faute de bonbonnes, nous n’avons que le bois pour nous chauffer et même cuisiner », nous dira un représentant des habitants qui interpellent les responsables de la wilaya à prendre en charge cette doléance.
O. K.
