Le centre culturel en attente

Depuis presque quinze ans, le mouvement associatif et culturel attend un centre culturel, mais en vain. Si au début des années 90, cette idée revenait notamment à chaque célébration des rendez-vous culturels, tel le vingt avril, le Printemps berbère, on dirait aujourd’hui que tout le monde est gagné par la lassitude. Parce que, effectivement le mouvement associatif revendicatif est réduit à néant à telle enseigne qu’aucune demande n’est formulée dans ce sens. L’association culturelle la plus active à savoir Taneflit N’Tamazight, à laquelle on doit beaucoup de reconnaissance pour avoir été à l’avant-garde de la promotion culturelle, dans la région, a fini, elle aussi par abdiquer en raisons de tous les bâtons qu’on lui a mis dans les roues. Même son siège allait s’effondrer, n’était la volonté de ses responsables qui ont tout de même fait des pieds et des mains pour réfectionner le local. A Draâ El Mizan, il existe une maison de jeunes. Celle-ci ne répond plus à la demande des jeunes en matière de recherches, de lecture et d’autres branches culturelles. Il faut ajouter, qu’elle est située en dehors de la ville. Selon un membre actif du mouvement associatif, déjà aux temps du DEC avant 1997, il était question d’inscrire un projet d’une bibliothèque communale. « Il ne restait que le choix du terrain. Le directeur de la culture avait donné son accord. Mais, depuis on n’en parle plus », a ajouté notre interlocuteur avant de nous dire : « Nous avons sollicité tous les exécutifs qui se sont succédé depuis à la tête de l’Assemblée pour dégager un local à cet effet. Personne n’avait répondu favorablement à notre demande. On n’a eu que des promesses ». Selon d’autres informations, ont été réclamés l’ex. siège de l’Agence de la conservation foncière aujourd’hui siège de l’Etoile, l’ex. siège de la CNEP, aujourd’hui local attribué pour la section du FFS et bien d’autres locaux… Ainsi, avec sa population d’environ 40 000 habitants, la commune de Draâ El Mizan est dépourvue d’un centre culturel, ce vide aide à la prolifération de vices qui guettent les jeunes de la région. Selon toujours la même source, la dernière proposition reste l’ex-tribunal ; mais après le séisme de 2003, on croirait qu’il est réformé, mais il n’y a aucune croix de quelque couleur qu’elle soit (orange ou rouge) sur ses murs. Une chose est sûre, aucune importance n’est donnée à la culture alors qu’une pépinière d’artistes dans tous les domaines n’a aucun lieu pour la mise en valeur de ses créations. Cet appel lancé par le mouvement culturel aura-t-il au moins un écho auprès des autorités ?

Amar Ouramdane